OCTOBRE 2018

Suède : et la dernière terre promise des immigrés s’effondra…

par Aliona DENISSOVA

Depuis 2015, l’image de tolérance des pays scandinaves en matière d’immigration se dégrade sérieusement.

Pourquoi ces pays restent perçus dans toute l’Europe comme des champions de la tolérance et des havres de paix pour les immigrés ?

– Le journaliste suédois Théophane Le Méné explique – « Si l’on se range à la définition française de la tolérance, on ne peut pas comprendre la tolérance scandinave telle qu’elle est entendue. Alors qu’en France, la tolérance s’incarne dans une sorte de transgression de ce que l’on peut penser ou de ce que la loi édicte, en Scandinavie, la tolérance s’exprime à travers le spectre de la légalité.

« Au Danemark, par exemple, traverser une rue alors que le feu est rouge vous expose à de sévères réprimandes mais des groupes qui s’affichent ouvertement néo-nazis peuvent manifester au nom de la liberté d’expression. »

Mais il existe une fin à tout et la bienveillance de la Suède et surtout du Danemark à l’égard des migrants est actuellement en forte baisse. La tolérance scandinave serait plus pragmatique que ce qu’imaginent ceux qui la portent aux nues en France. 

Ainsi, lors des élections du 9 septembre 2018 en Suède, s’est produite une percée spectaculaire des Démocrates suédois (SD), parti d’extrême droite anti-immigrés qui obtient 17,6 % des suffrages. Rappelons que depuis 2012, un total de 400 000 demandes d’asile a été enregistré en Suède, un record en Europe rapporté au nombre d’habitants (une demande pour environ 25 habitants).

La politique migratoire du pays a radicalement changé depuis le 24 novembre 2015, quand le Premier ministre Stefan Löfven et la porte-parole des Verts, Åsa Romson (en pleurs) annoncent, lors d’une conférence de presse, que les capacités d’accueil de la Suède sont saturées et que, tant que le reste de l’UE ne prendra pas ses responsabilités, ils fermeront les frontières du pays.

Quant à l’immigration musulmane, elle a fait de Stockholm la capitale mondiale du viol. Depuis les sept premiers mois de l’année 2014, plus de 1 000 Suédoises ont été violées dans la ville de Stockholm.

Les chercheurs d’or en matière d’aides sociales et de subventions ont dû avoir vent des changements qui sont en train de s’opérer dans les paradis migratoires (dorénavant perdus) : en 2015, la Suède a reçu 162 877 demandeurs d’asile, en 2016, on est descendu à 28 939 et 25 666 en 2017.

Les Danois comme les Suédois continuent de recevoir des immigrés par vagues, au gré des conflits, avec un système de quotas. Il y a un grand nombre d’Irakiens, de Pakistanais, de Yougoslaves, d’Éthiopiens arrivés depuis de longues années.

Mais le pays avait été amené, dès 2017, à pratiquer une thérapie de choc pour lutter contre les « ghettos ethniques » : baisse des allocations pour les réfugiés, peines de prison doublées, éviction des criminels des cités, crèches obligatoires : le gouvernement danois veut éliminer les ghettos d’ici 2030. 

Ce plan est intitulé « Ét Danmark uden parallelsamfund – Igen ghettoer i 2030 » (« Un Danemark sans sociétés parallèles : plus de ghettos en 2030 »).

Et bien évidemment, le terrorisme radical est en forte hausse :

« Nous n’avons jamais vu ça » : le patron des services de contre-espionnage et de contre-terrorisme suédois, la Säpo (Säkerhetspolisen), Anders Thornberg a avoué à l’agence TT que le nombre de « militants extrémistes », dont la majorité combattent « pour les idéologies islamistes », est passé de quelque deux-cents en 2010 « à plusieurs milliers actuellement ». L’islamo-terrorisme a de beaux jours devant lui.

Quelle serait la solution pour faire face au tsunami migratoire submergeant et salissant ces pays qui étaient si longtemps restés tolérants voire bienveillants ? La même, peut-être, que pour l’Union européenne en général.

« Le Parisien » publie le 12/09/2018 :

Le Dalaï-Lama a déclaré ce mercredi à Malmø en Suède que « l’Europe appartient aux Européens » et qu’à terme il était souhaitable que les réfugiés retournent chez eux « pour reconstruire leur propre pays ».

S’exprimant à une conférence dans la troisième plus importante ville suédoise, qui abrite une importante population d’immigrés, le Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix 1989, a souligné que l’Europe était « moralement responsable » lorsqu’il s’agit d’aider « un réfugié dont la vie est réellement en danger ». Le chef spirituel appelle les Européens à accueillir les réfugiés mais estime qu’à terme, ces derniers doivent rentrer chez eux pour développer leur pays.


A.D.

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