AOÛT-SEPTEMBRE 2019

Ô âme bretonne

par Athanase VANTCHEV DE THRACY

« Девушка пела в церковном хоре
О всех усталых в чужом краю »

« Une fillette chantait dans le chœur de l’église
Pour tous les gens lassés de leur exil »
Alexandre Blok

Ô ÂME BRETONNE

Ô binious ; ô bombarde,
Cornemuseurs, talabarders,
Couples de sonneurs,
Indicible musique bretonne !
Air de diamant,
Bleu, gris, rose,
Noir et blanc
Le troublant ciel de Bretagne !
La paix qui dort
Derrière les portes de cristal
Des splendides églises
Des villages qui vibrent
Sous des avalanches de fleurs !

Et des croix, des croix, des croix
Qui élèvent perpétuellement
Le cœur de cette terre de foi
Vers le ciel,
Royaumes des chorales des anges !

Et toi prestigieux sanctuaire
De Sainte-Anne d’Auray,
L’assoupissement vespéral
Des âmes en prière !

Des murmures extatiques
Qui trouent les aurores
De ce pays mystique !

Et partout, partout, partout
La mer qui monte
Jusqu’aux oreillers des matins
Et des rames qui frappent
L’eau et les larmes,
Les rames qui interrogent
L’eau et les larmes !

Les fanaux qui indiquent la voie
Qui mène au salut !
Et cette langue des marins
Directe, immédiate, terrestre,
Ses sonorités humaines,
Universelles, intégrales !

Athanase Vantchev de Thracy

Glose

Alexandre Blok (en russe : Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок, Aleksandr Aleksandrovitch (von) Blok) est un poète russe né le 16 novembre 1880 à Saint-Pétersbourg, où il est mort le 7 août 1921.
Petit-fils d'Andreï Beketov, botaniste et recteur de l’université de Saint-Pétersbourg, Alexandre Blok est né dans une famille aisée descendant de Johann von Block ou Blok, médecin privé de l'empereur. Il a pour père le professeur de droit à Varsovie Alexandre Lvovitch Blok, excellent musicien et fin styliste, qu'il n'a l'occasion de voir qu'à de brèves vacances de Noël, mais avec lequel il entretient une correspondance régulière dès son adolescence.

Biniou (n.m.) : le mot biniou désigne en breton une cornemuse, sa traduction dans les anciens dictionnaires de breton est « vèze » (forme la plus courante du mot « veuze »). Ce mot peut désigner quatre instruments différents :
  • Le biniou kozh, ou vieille cornemuse, joué traditionnellement en Basse-Bretagne ; 
  • Le biniou braz, ou grande cornemuse, autre nom de la Great Highland introduite en Bretagne à partir des années 1950 ;
  • le biniou nevez, ou nouvelle cornemuse, copie de la cornemuse écossaise produite par Dorig Le Voyer des années 1930 aux années 1950 ;
  • le biniou (vèze), nom traditionnel dans le Pays de Guérande, ancienne cornemuse pratiquée dans cette région de la Basse-Bretagne, dans le pays nantais et dans le marais breton.

Bombarde (n.f.) : la bombarde est un instrument de musique à vent à anche double de la famille des hautbois, employé dans la musique ancienne et la musique bretonne. Le mot « bombarde » provient du latin bombus, signifiant « bourdonnement » ou « bruit sourd ».
En breton l'instrument s'appelle ar vombard (mutation de bombard) ou an talabard. Un joueur de bombarde s'appelle un talabarder. Il s'agit d'une variante de hautbois populaire spécifique à la Bretagne.
Elle est traditionnellement associée au biniou pour former ce qu'on appelle un couple de sonneurs. On peut également en jouer au sein d'orchestres plus ou moins étoffés. Un pupitre de bombardes, associé à des percussions, des cornemuses et des caisses claires écossaises, forme un ensemble appelé bagad (bagadoù au pluriel en breton).

Fanal, fanaux (n.m.) : de l’italien fanale, lui-même du grec byzantin phanarion, « lanterne ». Grosse lanterne. Lanterne ou feu employé à bord des navires et pour le balisage des côtes.

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