Il y a des largesses que lâon ne peut pas prendre avec lâhistoire. La mémoire du passé permet au moins dâanalyser les faits pour mieux appréhender le présent.
Pour les détracteurs révisionnistes, certaines périodes ou certains régimes politiques de lâhistoire méritent dâêtre occultés au profit du pouvoir de manipulation sur les peuples.
Câest ainsi que la vice-présidente irlandaise du parlement européen, Mairead McGuinness, a cru bon de ne pas citer comme libérateur des victimes du camp de concentration dâAuschwitz, lâArmée rouge de lâURSS.
A lâoccasion de la journée internationale en mémoire aux victimes, le centre progressiste quâelle représente décide de cacher la vérité. Lâhistoire doit être su et non dissimulée par des idéologues donneurs de « leçons parentales ». Lâhistoire est une réalité et la refaire sur le papier est une hérésie. Même si certains épisodes de lâhistoire nous sont insupportables par leur violence, ils doivent être connus de tous.
Le progressisme de McGuinness est synonyme de tricherie envers les citoyens européens mais aussi de volonté de moralisation voire de révision complète de lâhistoire dans un but non avouable : cacher nos responsabilités vis-à -vis de la seconde guerre mondiale et notre relation avec lâURSS de cette époque.
Les révisionnistes sont dangereux. Il faut rendre à César ce qui lui appartient !
A ce sujet le Président Vladimir Poutine vient dâannoncer le 20 janvier dernier quâil veut « fermer lâignoble bouche quâouvrent certains », parlant sans doute de ces progressistes de mauvaise foi qui cachent ou minimisent le rôle de lâUnion soviétique dans la victoire sur le nazisme. Lâennemi bolchévique ne doit pas être cité !
Or, ce sont les armées de Staline qui libérèrent le camp dâAuschwitz (1). Le président russe a décidé de créer un centre dâarchives sur la Seconde Guerre mondiale afin de contrer certains hauts responsables politiques de pays européens de réviser lâhistoire à leur façon.
Ce centre de documents dâarchives entièrement dédié à cette guerre des plus meurtrières sera accessible à tous celles et ceux venant du monde entier ! Il nây a pas de honte à rendre hommage à tous ceux qui ont combattus « pour défendre leur patrie et ont perdu la vie contre la peste brune » nous dit Vladimir Poutine, accusant aussi les médias de masse de relayer des informations peu fiables de manière délibérée.
Le parlement européen avait adopté en septembre une résolution qui précisait que la Seconde Guerre mondiale aurait été déclenchée « comme conséquence immédiate du tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique », encore appelé pacte Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939.
Ceci nâest pas tout à fait exact même si lâanalyse des historiens se fait au détriment du contexte ; celui-ci étant volontiers oublié. Et pourtant il me semble que lâanalyse des actions du Général de Gaulle ne peuvent pas être comprises sans le contexte français politique de Philippe Pétain. Lâhistoire doit être observée dans toutes ses dimensions. Si lâon en oublie une, nous laissons passer le révisionnisme et ses conséquences dangereuses sur la liberté des peuples et lâesprit des jeunes générations.
LâURSS nâétait pas parvenu à conclure lâalliance militaire avec la France et le Royaume Uni, ni à obtenir des droits de passage pour lâArmée rouge de la Pologne et de la Roumanie (régimes autoritaires anticommunistes) qui lui aurait permis une attaque coordonnée contre lâAllemagne nazie créant une zone tampon en cas dâinvasion. Ce qui finira par arriver en 1941 sur ordre dâHitler.
La Pologne avait elle-même signé un pacte de non-agression en 1934 avec lâAllemagne nazie. Nâoublions pas que la Tchécoslovaquie fut détruite par lâAllemagne. Lâunion soviétique tenta de lâempêcher en réclamant une coordination avec les forces françaises, tchécoslovaques et par la saisine de la Société des Nations (dissoute en 1946).
En 2009, le premier ministre Vladimir Poutine reconnaissait quâil fallait admettre ces erreurs » et le parlement russe a fait un mea culpa sur le pacte Molotov-Ribbentrop.
La vérité doit être appréciée à sa juste valeur et les dirigeants politiques dâaujourdâhui ne sont pas responsables de lâhistoire passée mais ceux qui prônent le progressisme révisionniste dâaujourdâhui seront coupables demain.
Le président russe a mis le doigt dessus ! Câest encore le bon sens qui doit lâemporter et nous ne pouvons quâapprécier cette initiative qui tournera le dos à tous ceux qui prétendent réécrire lâhistoire à leur façon. Dâailleurs il semblerait que dâautres pays aient également signé des pactes avec les nazis. A eux de faire preuve de courage !
Nâoublions pas que la philosophe allemande Hannah Arendt (2) a joué un rôle déterminant dans lâinterprétation de lâhistoire affirmant que le totalitarisme est un phénomène à double face : le nazisme et le stalinisme. Les « jumeaux » totalitaires fournissent dâinépuisables argumentations pour réécrire lâhistoire. Les victoires de lâarmée rouge ont décimé de nombreux soldats allemands sur le front de lâEst mais parce quâil y avait le régime totalitaire de Staline, alors lâUnion soviétique était un ennemi au même titre quâHitler lui-même. Cette dangereuse assimilation permet encore aujourdâhui à lâoccident de tirer des conclusions aveuglées et dâaffirmer que la fracture ne peut se concevoir quâentre totalitarisme et démocratie libérale.
Ceci nâest quâinterprétation et surenchère dès lors que lâassimilation se fait en dehors du contexte politique, social et économique. Que dire du diktat exercé aujourdâhui par Bruxelles sur lâensemble des pays de lâEurope !
Déjà que lâhistoire a été réécrite, voire tue dans les manuels scolaires !
Merci au Président Poutine pour cette initiative remarquable qui devra assurément remettre lâhistoire en place et les révisionnistes au travail !
M-S. P.
NOTES ET RÃFÃRENCES
1. https://www.ina.fr/video/AFE00000618?fbclid=IwAR1dqThHt5_xi3t7c4b250esAeE6lnVPUa3gPFMpKCnknAuMF5656aVYD18
2. https://francais.rt.com/opinions/65446-pacte-germano-sovietique-fruit-amer-des-accords-munich
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