Avec lâeffondrement de lâUnion soviétique, la Moldavie a accédé à lâindépendance en 1991. Autrefois une région prospère, câest aujourdâhui le pays le plus pauvre dâEurope.

Recueil dâun bébé de deux jours retrouvé abandonné dans la rueNotre ami belge Luc François, directeur de lâAcadémie royale de Protocole et de lâInstitution CECSEF en Moldavie, infatigable promoteur de la langue française, a développé une structure sociale dédiée aux victimes de lâexclusion dans les rues de Moldavie. La mission principale de cette structure est orientée vers les jeunes enfants sans domicile fixe mais elle apporte aussi son soutien à de nombreux adultes.
François Maurice : Comment ces enfants se retrouvent-ils livrés à eux-mêmes ?
Luc François : La situation économique du pays oblige dâinnombrables parents à chercher du travail à lâétranger. Parfois, les couples mariés trouvent de lâembauche dans deux pays différents. Ainsi, rien que dans le district de Calarasi, il y a 920 enfants dont un parent est à lâétranger et 530 â dont les deux parents sont partis, selon les données du département Assistance sociale de ce district. Dâautres cherchent à noyer leur désolation dans lâalcool. Les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes ou sont pris en charge par des grands-parents déjà dépassés. Beaucoup finissent dans la rue en mauvaise compagnie, dans des dépendances ou dans la criminalité. Car, dans la rue, les repères et codes fondamentaux se déconstruisent, dâautres codes les remplacent, engendrant un processus de désocialisation et, la plupart du temps, de déscolarisation.
F.M. : Qui se préoccupe dâeux ?
L. F. : Le nombre dâenfants qui grandissent en en Moldavie dans un environnement problématique ne cesse dâaugmenter régulièrement. La responsabilité pour les enfants sans surveillance parentale (soit, les enfants en difficulté ou en situation de risque) est âpartagéeâ, en fonction des problèmes auxquels le jeune membre de la société est confronté, entre les ministères de la Protection Sociale, de lâEducation, de lâIntérieur, de la Santé et la Maison Nationale pour les Assurances Sociales. Mais le gouvernement et lâéconomie sont fortement affectés par les grandes fluctuations des rentrées dâargent et lâémigration. Cela rend difficile pour le gouvernement de mener des programmes sociaux en continu. Au niveau local, les enseignants, les médecins et dâautres spécialistes, aux côtés des assistants sociaux et des autorités locales, sont responsables de ces enfants mais là encore les moyens sont bien inférieurs aux besoins. Dâoù la création de notre organisation humanitaireâ¦

Cours de cuisine donnés aux enfants des rues
F.M. : Nây-a-t-il pas moyen de faire pression sur les parents avant quâils ne migrent ?
L. F. : Une ordonnance a été émise par le Gouvernement qui oblige les migrants qui disposent dâun contrat légal de travail à lâétranger de présenter à la frontière un document confirmant le fait que leurs enfants sont mis sous tutelle. Cependant, selon les informations des organes territoriaux dâassistance sociale, ces cas sont rarissimes. Or, la plupart de Moldaves partent à lâétranger illégalement. Alors, comment les obliger à prendre soin de leurs propres enfants ?
F.M. : Pour répondre à cette détresse, quelles sont les missions des Ãquipes Mobiles d'Assistance (EMA), dont vous êtes fondateur ?
L. F. : Lâurgence est une méthode pour sortir de lâurgence.
Elle se base sur les principes suivants :
- Lâurgence : identifier lâurgence non seulement médicale, mais médico-psychosociale ;
- La permanence : être joignable de jour comme de nuit, lorsquâaucun service nâest présent ;
- La mobilité : aller vers les populations exclues, dans la rue, sur leur lieu de vie ;
- Le professionnalisme : sâappuyer sur des équipes formées à cette méthode spécifique ;
- La méthode.
Pour ce faire, les EMA parcourent les rues nuit et jour pour aller à la rencontre des personnes les plus exclues sur leurs territoires où elles prodiguent des soins médicaux-psycho-sociaux adaptés aux besoins des personnes rencontrées.
F.M. : Quelles actions avez-vous déjà pu mettre en Åuvre ?
L. F. : Nous avons déjà créé des liens avec les Centres dâaccueil de jour, centres de soins, centres dâhébergement, ils relaient lâaction des équipes mobiles dâaide et fournissent aux personnes accueillies un accompagnement adapté à leur situation spécifique.
F.M. : LâEMA a-t-elle les moyens de subvenir toutes ces missions ?
L. F. : Malheureusement pas totalement aujourdâhui, malgré lâengagement remarquable de tous les volontaires qui composent lâÃquipe.
Nous avons besoin de véhicules d'urgences, d'équipements pour nos volontaires (vestes, trousses médicales de premières urgences, téléphones et mise en place d'une application. Le tout avec un centre d'appel permanent.
Par ailleurs, nous avons aussi besoin d'infrastructure pour créer un dépôt social style EMMAÃS et réhabiliter les jeunes et moins jeunes par une éducation pratique aux métiers du bois, de lâélectricité mais également aux métiers de la restauration.

Le Président du CECSEF entouré des nombreux jeunes bénévoles constituant les Ãquipes mobiles dâAssistance
F.M. : Au-delà des interventions dâurgence, vous souhaitez donc mettre en place des actions dâinsertions sociales et professionnelles⦠Bravo pour toutes ces belles actions Monsieur François. Nous espérons que les lecteurs de Méthode seront sensibles à votre organisation et souhaiteront apporter leur contribution par la cagnotte « gofundme », que vous avez initiée ou par virement sur le compte du CECSEF, que vous présidez.
F.M.
Lien de la cagnotte :
Coordonnées bancaires de lâassociation InstituÅ£ia PrivatÄ âCentrul Educativ, Cultural, Social, Economic si Francofonâ (CECSEF ) :
BCâMoldova âAgroindbankâSA
Filiala âMihai Eminescuâ
Mun. ChiÅinÄu, Moldova
Contul IBAN:
MD89AG000000022243258615 - Mdl
MD24AG000000022243258621 - Euro
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Pour contacter le CECSEF :
55, str.Tighina, sc 4 - office 26 â MD 2001 Chisinau â MOLDOVA
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