MAI - JUIN 2018

Sur l’article 41 de la Charte québécoise

par Gaétan BOUCHARD

Nos enfants ne nous appartiennent même plus, l'État québécois s'est délesté de la responsabilité de les éduquer selon nos propres valeurs dans les écoles publiques, nous avons perdu le droit de l'exiger. Ce qui maintenant contrôle tout et est au-dessus de tout, ce sont les chartes des droits. 

L'article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, daté du 21 novembre 1997 : 

41. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi. 

Le même article 41, amendé, daté du 1er février 2018 : 

41. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l’intérêt de ceux-ci.

Et la charte du Québec peut être amendée n'importe quand selon la bonne volonté du parti au pouvoir, le peuple n'a aucun droit et n'est même pas consulté quand les élites veulent amender des articles de la charte.
En réalité, l'Assemblée Nationale du Québec ne devrait même pas avoir le droit de changer un seul point sur un i de cette charte.
Au départ une charte des droits et libertés devrait être adoptée par une Assemblée Constituante et ne devrait pouvoir être amendée que par une nouvelle Assemblée Constituante ou à la limite par l'Assemblée Nationale après une vive discussion parmi le peuple et approuvée par un référendum. La charte est au-dessus de l'Assemblée car elle limite et gère les prérogatives de cette dite assemblée. Si l’Assemblée Nationale a le droit de faire ce qu'elle veut avec la Charte comme présentement, alors il y a conflit d'intérêts, car ladite assemblée ne peut se dicter à elle-même ses propres limites. 
Quand une charte des droits et libertés est modifiable à volonté par le parti au pouvoir de l'Assemblée Nationale, elle perd de sa valeur intrinsèque et devient un bout de guenille qui oscille aux vents des lobbies et de l'élite au pouvoir qui la modifie au gré de ses intérêts. 

G.B.

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