
LâEurope nâarrête pas de rejeter son identité chrétienne. Mais pourquoi les choses se passent-elles de cette façon ? On pourrait distinguer trois facteurs contribuant à la disparition de cette tradition européenne fondamentale : la déchristianisation commencée dès le XVIIIe siècle et fortement accentuée à notre époque, le refus de lâUE de respecter le fondement chrétien commun pour tous les pays membres et lâimmigration massive.
Commençons par le processus de déchristianisation se caractérisant non seulement par la disparition du sentiment religieux mais aussi par le détachement des peuples dâEurope de leur histoire et par lâoubli de leur identité chrétienne. Ce phénomène se manifeste aujourdâhui de plus en plus dans tous les domaines de la vie de lâHomme : culture, manière de vivre, train de la vie quotidienne, façon de penser. Ce qui semblait naturel et établi des millénaires durant dans les mÅurs et les cÅurs des Européens est en train de se ruiner à une vitesse impressionnante. Ce tourbillon engloutit lâHomme dans son entonnoir dévastateur agissant sur sa vision des relations sexuelles, de la naissance, de la mort, de la vie en général en modifiant cette vision, ce qui entraîne, par exemple, la destruction de la famille traditionnelle. Des convictions élaborées le long de nombreux siècles ne sont plus prises en considération.

Elle demeure désunie dans tout ce qui concerne lâhistoire, la stratégie, la culture et la spiritualité. LâEurope rejette la base historique commune qui est la tradition chrétienne. Elle essaye coûte que coûte de sâen débarrasser et le plus rapidement possible.

Malgré la présence historique non négligeable des chrétiens démocrates au sein du gouvernement européen, malgré le leadership dâAngela Merkel représentant le parti « Union chrétienne-démocrate », la plupart des décisions prises par le Conseil de lâEurope sont clairement orientées vers la déchristianisation totale. Les fils tissant aujourdâhui des liens entre les pays dâEurope sont : la monnaie, les finances et lâéconomie. Cette situation rend stérile tout appel dâune nature non-économique à lâunion dans lâEurope. Parler des racines et des traditions câest parler de la nation. LâEurope semble également oublier que lâÃtat ne peut exister quâà condition de lâexistence de la nation. Et la nation ne peut exister, quant à elle, sans racines et traditions fortes. La nation est ainsi un élément indispensable pour lâexistence et le bon fonctionnement de lâEurope. Le dictionnaire Larousse indique quâune nation est un « ensemble dâêtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté dâorigine, dâhistoire, de culture, de traditions et constituant une communauté politique ». Il sâagit dâune entité collective historique des individus incarnée dans la tradition nationale et dans lâidentité culturelle. Il nâexiste rien de supérieur à cette entité. Dostoïevski, par exemple, était persuadé que « ÑоÑ, кÑо ÑеÑÑÐµÑ ÑвÑзи Ñ ÑÐ²Ð¾ÐµÑ Ð·ÐµÐ¼Ð»ÐµÐ¹, ÑÐ¾Ñ ÑеÑÑÐµÑ Ð¸ богов ÑÐ²Ð¾Ð¸Ñ , Ñо еÑÑÑ Ð²Ñе Ñвои Ñели1 ». Parlant du patriotisme exemplaire des personnalités historiques russes il est curieux de mentionner la pensée dâAlexandre Soljenitsyne selon laquelle il faut être fidèle non pas à son Ãtat mais à sa Patrie car nous sommes les fruits plutôt de cette dernière. La Patrie est le patrimoine des dizaines et des dizaines de générations qui furent avant nous et qui seront après nous. Selon lâécrivain, nous nâavons pas le droit moral de devenir la génération qui trahira ses aïeules et ses descendants2. Le troisième facteur contribuant à la disparition de la tradition chrétienne en Occident réside dans la présence massive des immigrants (aujourdâhui on dit plutôt « migrants » tellement le flux des étrangers illégaux est considérable et tellement il est hors tout contrôle) issus le plus souvent de la culture musulmane. Cette situation cause non seulement des perturbations sociales et sociétales mais aussi le détachement des peuples dâEurope de leurs racines chrétiennes. Nous pouvons toujours espérer que des musulmans se convertissent au christianisme mais ce phénomène reste très peu fréquent en raison de lâessence ontologique de lâislam, religion autoproclamée parfaite et la seule qui est vraiment juste car « il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mohammed est Son messager ».
Nous sommes tous différents, les uns sont conservateurs, les autres â libéraux, mais tous ensemble nous constituons une nation. « Seule lâentité est véritable3 » â dira Hegel dans son Phänomenologie des Geistes. Pour le conservateur libéral Nicolas Berdiaev le sujet de la nation représentait une grande importance. Il voyait la nation comme une des valeurs humaines universelles qui doivent être défendues.

De la même manière, il est inadmissible dâopposer une partie à lâentité ou un organe à lâorganisme et de voir la perfection de lâorganisme entier dans lâélimination de la pluralité de ses parties et de ses organes4.
Ainsi, les sociétés, les peuples, les pays ne peuvent pas exister sans le minimum de solidarité unissant les Hommes. La tradition chrétienne, source de lâamour et de la liberté, est incontestablement en amont de cette solidarité (dans notre cas européenne).
A.G.
1« [â¦] celui qui n'a plus aucun lien avec sa terre, perd aussitôt ses dieux, c'est-à -dire ses buts. », Fëdor Dostoevskij, Besy [Démons] [1871-1872], SPb., Azbuka-klassika, 2007, p. 644.
2Aleksandr Soljenitsyne, РоÑÑÐ¸Ñ Ð² обвале [La Russie sous l'avalanche], Paris, Fayard, 1998.
3Cf. Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Phänomenologie des Geistes, Bamberg und Würzburg, Joseph Anton Goebhardt, 1802.
4Nikolaj Berdjaev, « Konec Evropy » [Fin de lâEurope], in Nikolaj Berdjaev, Sudâba Rossii [Destin de la Russie], M., 1918.
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