FÉVRIER 2018

Poésie : Parodos

par Anatoly LIVRY

Paris, nouvelle Thèbes interdite à Bacchus,
Je suis ta nocturne ménade
Reniflant les odeurs du cimetière de Picpus,
Inhalant ses tombeaux-témoins, à un stade1,

Qui écument de ses âmes encore ivres du sang.
J’avale de ma bouche scythe l’hameçon
Aiguisé par ce patois de latin
Parcourant mon gosier en souliers de satin ;

Et décèle les couleurs de l’océan d’Ossian
Sur le ciel bleu-roi déchaîné, enroulant
Ses mystères sur la scytale en trident
Qui remue son éther blême-Occident.

Philosophes-troglodytes, sordide canaille,
Je prépare le retour de ce dieu, vaille que vaille !
La nuit tombera à ses pieds, paladine,
Explosant l’asphalte rose comme la neige d’Engadine,

Et la bête, aussi blonde que les sapins de Pindare,

Digne du pinceau humaniste d’Holbein,
À l’oreille de la ville, dans sa langue barbare,
Glissera : « Wer soll der Erde Herr sein ?! ». 

Anatoly Livry

1 Un stade olympique – mesure de longueur grecque, environ 184 m.

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