
LâAmérique et lâEurope de lâouest nâont eu de qualificatifs assez forts pour exprimer la haine que leur inspirait lâancien président de la République de Serbie, Slobodan Milosevic, dans les années 1990. Les medias dominants lâavaient unanimement surnommé « le boucher des Balkans », Bill Clinton lâavait accusé dâavoir commencé les guerres en Croatie et en Bosnie, Jacques Chirac avait dénoncé chez lui sa « volonté méthodique dâeffacement de tout un peuple » et lui imputait des « pratiques qui rappellent les heures les plus sombres de la barbarie ». Lors de son arrestation George W. Bush avait déclaré que câétait un « premier pas pour lâinculper pour les crimes contre lâhumanité quâil avait commis » et le secrétaire général de lâONU, Kofi Annan, le jour de son arrestation, déclara que câest « un jour qui restera gravé dans les mémoires non sous le signe de la vengeance, mais sous celui de la justice ».


Slobodan Milosevic a été accusé de tous les maux : crimes de guerre, crime contre lâhumanité, génocide etc. et si on devait interviewer nos concitoyens de lâouest aujourdâhui il y a fort à parier que câest tout ce quâils retiendraient du défunt président serbe. Et pourtant⦠tout cela était faux. Les spécialistes objectifs le disaient depuis longtemps et lâaveu de cette innocence est finalement venu du Tribunal Pénal International pour lâex-Yougoslavie (TPIY) qui vient de conclure que le Président Milosevic nâétait, en fait, pas le barbare quâon avait décrit lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995.
Lâinformation aurait dû faire lâeffet dâune bombe médiatique mais elle a été glissée discrètement, page 1303 au paragraphe 3460 le 24 mars dernier dans le jugement du TPIY contre Radovan Karadzic, le Responsables des Serbes de Bosnie.
Certes, le TPIY ne blanchit pas officiellement lâex-président serbe mais le Tribunal écrit très explicitement que Slobodan Milosevic nâa pas participé à une « entreprise criminelle commune » ce qui signifie dans le jargon juridique du tribunal quâil nâa pas participé en Bosnie-Herzégovine à un projet quelconque de crime contre lâhumanité ou de génocide. Cette information est majeure car si Milosevic est innocent des crimes majeurs quâon lui impute alors cela signifie quâil nâaurait jamais dû être inculpé et que les guerres menées par les Atlantistes contre lui et le peuple serbe étaient injustifiées et illégales.
Pour comprendre les guerres modernes américaines il faut savoir quâelles reposent sur 5 piliers quâon peut appeler les « 5M » :
- la Manipulation politique
- les Mensonge médiatiques
- la désignation dâun Monstre
- lâemploi de Milices locales et, in fine,
- la domination Militaire américaine
Slobodan Milosevic incarne très clairement le rôle du « Monstre » dans le complot guerrier américain contre la Serbie et la Yougoslavie. Afin de convaincre les occidentaux quâil faut faire la guerre on invente un « Monstre », un homme que lâon présente comme haïssable et personnification humaine du diable dans un scénario manichéen ou le « Monstre » et son camp sâattaquent systématiquement aux gentils du camp du bien (amis des Atlantistes bien entendu). Dans tous les medias Milosevic sera systématiquement sali et calomnié. En France, lâONG Médecins du Monde, nâhésitera pas à publier des affiches dans les grandes villes de Slobodan Milosevic à côté dâAdolphe Hitler alors que Milosevic est un militant socialiste partisan du multiculturalisme yougoslave et antifasciste militant ! Le « Mensonge » est indispensable pour créer le « Monstre » et « Manipuler » les masses pour déclencher la guerre. Soljenitsyne avait bien compris cette alliance des maux quand il a dit en 1970 lors de la remise de son prix Nobel : « La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle. »
La vérité est que guerre de Bosnie-Herzégovine aurait très bien pu être évitée si Washington et Berlin nâavaient pas tout fait pour stimuler lâindépendance croate et musulmane comme les nazis lâavaient fait déjà fait pendant la deuxième guerre mondiale. Il est important de se souvenir, en effet, que lors des nombreuses tractations entre Serbes, Bosniaques et Croates au début des années 1990, les trois peuples avaient trouvé un accord pacifique dans le plan que le Britannique Lord Carrington et lâambassadeur portugais José Cutileiro avaient proposé en février 1992 lors de lâaccord de Lisbonne. Le 18 mars 1992 Alija Izetbegovic pour les Musulmans, Radovan Karadzic pour les Serbes et Mate Boban pour les Croates avaient tous signé lâaccord qui permettaient aux communautés dâentrevoir leur future de manière différente mais pacifique. Le 28 mars le A. Izetbegovic rencontre lâambassadeur US à Sarajevo, Warren Zimmermann, et décide, suite à cet entretien, de purement et simplement retirer sa signature de lâaccord. Une semaine plus tard, le 4 avril Izetbegovic mobilise les policiers et réservistes musulmans contre les Serbes et le 6 avril, les Croates et les Musulmans déclarent leur indépendance sans en référer aux Serbes qui représentent plus dâun tiers de la population et qui sont contre toute indépendance. Le jour même lâUnion européenne et les Etats-Unis se précipitent pour reconnaître le nouvel Etat qui nâa aucune racine historique (comme le Kosovo du reste) et les Serbes, à leur tour déclarent leur indépendance de cette nouvelle entité ce que les Atlantistes dénoncent. Les medias ne vont jamais évoquer les attaques gratuites contre les Serbes et ne vont pas évoquer non plus le pédigrée de lâhomme lige de la Maison Blanche en Bosnie, Alija Izetbegovic, ancien collaborateur nazi, membre des « Jeunes musulmans » et auteur du livre « La déclaration islamique » où il écrit : « Il nây a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non islamiques (â¦) Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès quâil est normalement et numériquement fort, à tel point quâil puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais quâil soit en mesure dâêtre le nouveau pouvoir islamique ». Rien nâest dit non plus dans les medias occidentaux sur les milliers de djihadistes arabes venus enseigner le wahhabisme aux Musulmans bosniaques, égorger les Serbes et profaner leurs églises, ces mêmes djihadistes qui attaquent les occidentaux aujourdâhui étaient leurs marionnettes contre Milosevic dans les années 1990 car, contre la Serbie, tous les moyens étaient bons ! La différence entre la réalité de ce qui sâest réellement passé en Yougoslavie et ce quâen rapportaient les medias donne le vertige. Loin dâinformer, les medias répétaient sans cesse une propagande finement préparée par les spécialistes de Washington justifiant lâintervention militaire de lâOTAN contre la Serbie avec la complicité de lâONU dont 20 % du budget est payé par les USA.
Malheureusement pour S. Milosevic la nouvelle émanant du TPIY ne lui servira pas à grand-chose, il est mort en prison au bout de 5 ans dâun procès où ses détracteurs nâauront rien trouvé contre lui. Milosevic sera du reste retrouvé mort dâune crise cardiaque dans sa cellule dans des conditions suspectes alors quâil venait dâécrire quâil pensait quâon tentait de lâempoisonner. Comme Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi et tous les autres « Monstres » que lâOTAN créé, Milosevic devait mourir sans pouvoir dire tout ce quâil savait et sans quâon puisse prouver quâil était coupable des crimes quâon lui imputait.

Cet « aveu » sur Slobodan Milosevic doit nous obliger à réfléchir à tous ces mensonges quâon nous a assénés et aux guerres qui ont été menés officiellement contre lui et le peuple serbe. La réalité est que la guerre des Atlantistes contre les Serbes a permis de démembrer la Yougoslavie et de ressusciter les haines et les extrêmes de la région au lieu de pacifier les peuples. Au lieu de défendre le plan Cutileiro, Washington et ses alliés ont privilégié la guerre avec les conséquences catastrophiques que cela implique pour toutes les populations locales. La Bosnie-Herzégovine nâétait peut-être pas le modèle idéal de multiculturalisme mais du temps de la Yougoslavie les musulmans nâétaient pas wahhabites, et les différents peuples pouvaient coexister.
Lâhistoire est écrite par les vainqueurs câest bien connu et il est facile de dénoncer la création de ce tribunal où les Serbes ont été les principaux accusés et où aucune personne issue dâun pays de lâOTAN nâait été inquiétée pour les crimes quâelle a commis en Yougoslavie. Sur 7 présidents du TPIY 5 étaient issus de pays de lâOTAN et 2 étaient Américains. Que câest agréable de rendre la justice quand on est juge est partie !
La situation des Balkans depuis les guerres américaines est tout sauf apaisée : la situation économique ne cesse de sâaggraver et les entreprises yougoslaves ont été démantelées ou revendues à des multinationales issues de pays de lâOTAN. De surcroît la Slovénie, la Croatie et lâAlbanie sont maintenant membres de lâOTAN et les US ont construit leur plus grande base militaire en Europe au Kosovo : le camp Bondsteel. Voilà les véritables raisons de lâintervention de lâOTAN dans les Balkans et pourquoi elle a attaqué la Serbie qui lui tenait tête. Cela nâavait rien à voir avec le « Monstre » Slobodan Milosevic qui nâa été que le bouc émissaire dans cette histoire où les Atlantistes voulaient mettre la région sous leur tutelle et où ils ont employé la force car ils nây arrivaient pas diplomatiquement. Alors non, Slobodan Milosevic nâa jamais commis de génocide ni de crimes de guerre. Il nâétait pas le « Boucher des Balkans » et câest le Tribunal Pénal International de lâex-Yougoslavie qui lâécrit. Il est important de faire connaître cette décision au plus grand nombre pour rétablir la justice et continuer de dénoncer les mensonges et les manipulations de ceux qui apportent la guerre en Europe et opposent les peuples pour satisfaire leurs propres visées stratégiques et militaires.
N.M.
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