Préambule
Indépendance de décision et détermination sont lâapanage de la puissance. Elle répond, en effet, à une ambition, une confiance dans des atouts, autant quâà une volonté dâaffirmation. Elle procède de la définition dâobjectifs internationaux, de la structuration des chemins et de lâorganisation des moyens pour y parvenir. Sur le continent européen, si nous mettons à part le cas particulier du Royaume-Uni, seuls deux Ãtats, la France et la Russie, puissances nucléaires, peuvent prétendre à une réelle autonomie stratégique.
Une organisation internationale, malgré des abandons de souveraineté concédés par ses membres, ne répond à aucun de ces désirs. Inévitablement lâÃtat le plus puissant et le plus déterminé impose ses intentions. Ce pouvoir, ainsi concédé, ne peut durer que dans la mesure où certains y trouvent un réel confort. Hors de lâhypothèse dâune rupture, les autres Ãtats se soumettent. Ils renoncent à accéder à un rôle majeur. Seule une réunion dâÃtats partageant les mêmes intérêts et les mêmes objectifs, peut imposer un dialogue stratégique.
Au sein de lâUnion Européenne, la France se heurte à lâalignement de ses partenaires - considéré par eux comme impératif - sur les Ãtats-Unis et leur instrument de domination militaire, lâOTAN. LâAllemagne, qui pourrait, en collaboration avec la France, contribuer à faire évoluer lâUE vers une stratégie propre, donne lâimpression, pour lâheure, de chercher à devenir lâallié privilégié des Ãtats-Unis sur le continent européen, en sâorientant vers une intimité de son dispositif militaire avec le leur et en Åuvrant pour banaliser les avantages géopolitiques actuels de la France.
Toutefois nous pouvons nous interroger sur le besoin dâimpliquer lâUE dans une vision stratégique propre et une organisation militaire qui en découlerait. Les arguments ne manquent pas.
Le premier dâentre eux est de mettre un terme au risque conflictuel que la politique des Ãtats-Unis fait courir, sur le continent, face à la Russie, mais aussi de disposer des forces suffisantes pour peser, dans le monde, sur les intentions, ou lâaction souvent erratique, de Washington.
Le second est, évidemment économique. Il est patent que chaque pays, considéré individuellement, ne veut, ou ne peut, disposer aujourdâhui, des forces lui permettant de sâaligner sur les Ãtats-Unis, la Russie ou la Chine. Les priorités étant devenues davantage consuméristes, sociales, ou environnementales. Un non-dit chez tous les fidèles de lâOTAN est bien budgétaire.
Le budget militaire des Ãtats-Unis représente plus de 70% de la somme des budgets militaires des pays membres de lâOTAN.
Lâalliance leur permet dâépargner des sommes considérables qui peuvent être investies ailleurs, sans doute au détriment de lâindépendance vraie. Mais que vaut-elle pour la plupart des membres de lâUE ?
Ils partagent, avec les Ãtats-Unis, les traits principaux dâune même civilisation mais nâont cure des affaires du monde. Il ne faut donc pas sâétonner que lâindustrie militaire française et européenne, ne puisse équiper pleinement les armées des pays membres. Une autonomie stratégique permettrait pourtant de lever un frein industriel, économique, scientifique et inévitablement politique. Ce dernier aspect prêtant cependant à débat, car ces pays, bien que partisans dâune Europe unie, récusent toute velléité dâune politique internationale distincte de celle des Ãtats-Unis. Ce qui les amène à réfréner les ardeurs visant à valoriser ces orientations souhaitables.
Le troisième argument est, précisément, politique. Il ne pourra y avoir de progrès dans lâamitié entre les nations européennes que si les pays, membres de lâUE, partagent des objectifs de sécurité et de rayonnement. Enfin, une souveraineté militaire devrait permettre de se tourner vers le véritable ennemi, commun à toutes les nations européennes, lâidéologie islamique intolérante et violente propagée par une immigration débridée et mal contrôlée.
Il faut admettre aussi quelques réalités profondes. LâUE actuelle sâest bâtie sur des bases marchandes et elle aboutira à un éclatement si elle est incapable de se réformer politiquement. En tant que telle elle nâa aucune influence au plan international. Lâattitude de la Chine, à cet égard, est particulièrement significative.
Ainsi, lors de la crise de la Covid-19, elle a donné la priorité aux relations avec les Ãtats-Unis et avec les Ãtats, et apporté la preuve de sa piètre considération pour lâUE. De même dans sa volonté de rétablir les routes de la soie, elle ne traite quâavec les pays et occulte une organisation dont la participation aux négociations pourrait se justifier.
Dans ce contexte, il est donc impossible de parler de défense européenne sans impliquer lâOTAN et les Ãtats-Unis. Lâimbrication est telle et les intérêts de la plupart des pays européens tellement liés aux Ãtats-Unis, quâévoquer une autonomie stratégique de lâUE relève dâun véritable défi ou dâune provocation.
La voie nâest pas tracée qui mènerait à une stratégie commune qui pourrait se démarquer de celle des Ãtats-Unis, malgré les structures mises en place, mais sans la volonté de les rendre efficaces. Malgré tout, la France pourrait Åuvrer dans ce sens, mais à la condition de se référer à une solide vision à long terme, vis-à -vis de lâUE et de lâOTAN, préalable à sa liberté dâaction, et de sây tenir.
Ãtat de lâUnion Européenne
Des scléroses nombreuses paralysent lâévolution de lâUE et lâaccession à lâindépendance stratégique.
LâUnion Européenne est loin de répondre aux principes dâune organisation démocratique. Elle est largement orientée vers lâéconomie, tout en imposant des règles politiques, juridiques et une relation de subordination aux Ãtats-Unis.
Des choix sous influence
Selon une étude ESSEC intitulée « La présence et lâinfluence des lobbies américains à Bruxelles », Bruxelles, abritant les institutions européennes, est devenue, de ce fait, lâun des plus importants centres de décision du monde en matière de choix économiques.
Il ne sâagit cependant pas dâun atout de puissance, mais le résultat dâune évolution consentante et liberticide, pour les pays membres, au profit dâune technostructure sans légitimité régalienne.
LâUE se montre donc fragile face à lâaction dâÃtats extérieurs homogènes, forts et ambitieux.
Les Ãtats constitutifs ont perdu quasiment leur souveraineté législative sur les grands sujets : 80% des lois nationales sont issues des directives européennes. En fait la hiérarchie des normes place les traités et les directives européennes au-dessus des constitutions qui doivent être adaptées à lâévolution du Droit européen.
La CEJ [2] a réaffirmé récemment sa place dans un communiqué où elle affirme être « la seule compétente pour constater qu'un acte d'une Institution de l'Union est contraire au droit de lâUnion ». Elle a en outre souligné que « des divergences entre les juridictions des Ãtats membres ⦠seraient susceptibles de compromettre l'unité de l'ordre juridique de l'Union et de porter atteinte à la sécurité juridique », précisant que « les juridictions nationales sont obligées de garantir le plein effet du droit de lâUnion ».
Cette affirmation, à la limite du chantage, est récusée par certains Pays, comme lâAllemagne. [3] Elle fait fi de la notion pondératrice de « Subsidiarité ».
Le droit des personnes est lui-même soumis, dans certains cas, à des instances supranationales. Dès lors, il est parfaitement compréhensible que Bruxelles soit la deuxième capitale mondiale du lobbying derrière Washington. Là se trouve le pouvoir juridique.
On estime entre 2500 et 3000 le nombre de groupes dâintérêt qui y pratiquent cette forme de pression, parmi lesquels 70 % défendent des intérêts privés. Les intérêts des Ãtats-Unis sont autant pris en compte que ceux des Ãtats membres. La puissance de leurs groupes de pression, dans la capitale européenne, est aujourdâhui un élément essentiel des relations transatlantiques.
Il faut savoir que dans les années 70, la Chambre de Commerce Américaine (AmCham) sâest installée à Bruxelles. Cette organisation regroupe les dirigeants de 145 des plus grosses entreprises de ce pays, implantées en Europe, comme les géants dâinternet, Google, Amazon, les banques dâaffaire, Boeing, Procter & Gamble, Monsanto, Mac Donaldâs ou encore General Motorsâ¦
Alors que les législations douanières étaient encore fortes, les dirigeants de lâAmcham, ont rapidement compris tout lâintérêt quâils pouvaient tirer de la création dâun grand marché européen, préalable à la réalisation dâun vaste marché transatlantique. Ils mirent en Åuvre de multiples groupes de travail, mobilisant, par domaine, quelques 650 correspondants [4].
Il est connu que le livre blanc sur le marché unique sâavère très proche du rapport « Europe 1990 : un agenda pour lâaction » rédigé par lâERT (European Round Table), un groupe de pression suscité par les Ãtats-Unis.
Le succès des lobbies américains en Europe peut sâexpliquer par lâefficacité de leur organisation et leur certitude de servir les intérêts supérieurs de leur pays.
Mais lâatout majeur de ces groupes de pression reste leur remarquable capacité dâexpertise sur des sujets pointus et variés : elle leur permet de suppléer les insuffisances des parlementaires et de la Commission. Cette mainmise doit être rapprochée des intentions des « pères fondateurs » du Marché commun dont la proximité affective et intellectuelle avec Washington est désormais connue. Dans lâorganisation européenne actuelle lâidée dâune stratégie autonome procède dâun vÅu pieuxâ¦
La philosophie européenne, méfiante à lâégard des peuples et inévitablement technocratique et ploutocratique, porte en elle même son échec. à moins de la modifier fondamentalement, en sâappuyant sur les nations, il ne pourra y avoir dâhorizon géopolitique indépendant.
Sans rejeter un partenariat avec les Ãtats-Unis, une première démarche dans le sens dâune souveraineté stratégique devrait passer par une très forte atténuation du rôle des groupes de pression, notamment dâoutre-Atlantique, dans les décisions européennes.
Une évolution insouciante de la réalité des peuples
Lâimposition dâune réunion, contre nature, dâÃtats, rend vite caduque toute tentative de position commune, tout en dévalorisant le rôle des nations. Elle débouche sur un affaiblissement global. Les pertes de souveraineté consenties ne se traduisent pas par une souveraineté plus forte de lâensemble.
Il est salutaire de rappeler quelques réalités.
Le risque existe que les inconditionnels dâune Europe, qui pourtant affiche son déficit de puissance et son fonctionnement procédurier et bureaucratique, en même temps que, jusquâà un passé récent, la rigidité de son système monétaire, expliquent que le seul moyen dâen corriger les lacunes serait dâavancer aveuglément vers une Europe fédérale.
La vision est doublement fausse.
Dâabord parce quâelle fait le pari, contre toute évidence, dâun affaiblissement des nations stimulant la capacité dâaction de lâUnion ; ensuite parce quâelle fait lâimpasse sur la rivalité naturelle des puissances.
Notons que ces principes sur lesquels repose le fonctionnement de lâUE nâont aucun équivalent dans un monde de près de 200 Ãtats. Comme lâécrivait Raymond Aron dans « Paix et Guerre entre les Nations », la nation reste la clé des rapports internationaux.
Cette antinomie entre le supranationalisme bruxellois et la nation se retrouve dans une formule de Léo Hamon, opposant le sentiment, toujours spontané et incontrôlable et la réflexion plus ou moins construite: « La France est ma patrie, lâEurope est ma raison ».
Lâillusion des dirigeants européens a été de croire que la paix entre les nations pourrait découler du droit international, de lâaugmentation des coopérations, des échanges économiques et commerciaux, ou encore de la conscience dâune solidarité humaine transnationale.
Sâil est impossible de nier le rôle de ces facteurs dans une relative stabilisation de la planète, ni que des coopérations universelles seront de plus en plus sollicitées pour traiter de préoccupations communes, à lâinstar des questions environnementales, la recherche de la puissance demeure toujours une constante des relations internationales. Le droit nây changera rien. Il nâest après tout que lâexpression provisoire de la réussite dans un rapport de forces. Il peut être contesté et modifié.
Les traités nâont pas empêché la prolifération nucléaire en Inde, au Pakistan, en Israël, en Corée du Nord. Ils nâont pas freiné lâexpansion de lâOTAN vers lâEst, ni la récupération de la Crimée par la Russie ou la séparation, par lâOTAN, de la province du Kosovo de sa Serbie. Ils ne dissuadent pas la Chine de menacer militairement Taïwan, de mater les aspirations démocratiques à Hong Kong, de réclamer la souveraineté sur toute la mer de Chine du sud, plus grande que la Méditerranée, et dâempiéter sur la ZEE de tous les riverains.
En somme, les spéculations de lâallemand Emmanuel Kant (1724-1804) sur une paix perpétuelle entre les nations, née de la raison, cède toujours devant lâintuition de lâanglais Thomas Hobbes (1588-1679) qui, presque un siècle auparavant, affirmait que les relations internationales seraient toujours gouvernées par de lâémotionnel, de la rivalité, de la défiance et de lâorgueil national.
Aujourdâhui, la stratégie extérieure de la Chine donne raison à Hobbes ; elle sâaffiche comme lâexemple le plus frappant de la persistance de lâaffectif prévalant sur la raison. Son régime cultive avec force un puissant nationalisme anti-occidental. Il développe une ambition impériale à ses approches directes et propose, à ses partenaires - y compris européens - du projet des nouvelles routes de la soie, un modèle de gouvernance radicalement opposé aux principes des démocraties occidentales. Les Européens réagissent en ordre dispersé à ces prétentions universelles, parce quâils ne peuvent opposer à la Chine aucune cohérence politique, par déficit dâadhésion populaire et de stratégie commune.
Quand la France, lâAllemagne et la Commission, désignent Pékin comme un « rival systémique n », la Grèce, lâItalie, le Portugal et plusieurs pays dâEurope Centrale et Orientale, par intérêt financier à court terme, restent dans lâillusion de la neutralité et de lâhonnêteté des échanges avec la Chine, ou tout au moins dans lâidée quâils pourront en maîtriser les conséquences.
Ces pays ont accepté de nouer des partenariats commerciaux et financiers avec les groupes étatiques chinois, y compris en laissant leurs capitaux prendre, pour tout ou partie, le contrôle dâactifs stratégiques, comme les ports et les réseaux de distribution dâélectricité. Cette attitude montre, au-delà du défaut de clairvoyance ou de prudence, que lâabsence de solidarité stratégique européenne est un des nombreux dangers quâelle recèle. La France nâest pas exempte de ces actions suicidaires. Elle a laissé le Groupe Chinois CasilâEurope devenir actionnaire majoritaire de lâaéroport de Toulouse Blagnac, utilisé par Airbus industrie â parts rachetées depuis par le Groupe français Eiffage, et celui de Châteauroux proche dâun Centre de transmissions stratégiques majeures.
Même la Commission, pourtant consciente des risques quâelle a, elle-même, identifiés et signifiés, en mars 2020, au président chinois, a cédé aux pressions de Pékin, à la fin avril, par crainte de représailles commerciales. Sans moyens de puissance, nés dâune union forte, elle ne pouvait faire autrement.
De même, la suppression, par Bruxelles, à la demande pressante de la Chine, des informations dâun de ses rapports sur les manquements de lâappareil politique chinois lors de la crise de la Covid-19, restera comme un des exemples criants dâune préoccupante faiblesse. Il sâagissait pourtant de vérités soulignant les freins mis aux nécessaires réactions au début de la pandémie et la désinformation globale orchestrée pour détourner les critiques et défendre lâimage internationale du pays.
Nous constatons, à lâévidence, quâavec les fondements actuels des institutions européennes, lâaffirmation dâune volonté de résistance ne se vérifie pas, face à une puissance comme la Chine ayant un substrat culturel impérial et une unité de population.
Vu par les « pères fondateurs », et leurs successeurs, comme la première étape vers une société mondialisée, ou plus exactement «américanisée», sans nations, débarrassée des cadres historiques et identitaires, le montage européen utopique, sans frontières et désincarné, nâa réussi à secréter ni lâénergie, ni les institutions capables de rivaliser avec le système autocratique chinois, comme, dâailleurs, avec nâimporte quel autre ensemble humain homogène.
Pour conforter encore lâidée quâau cÅur des relations internationales se trouve bien la puissance et non le droit ou lâimage virtuelle dâune communauté humaine, observons quâen Europe câest bien la puissance américaine ou russe, face à la faiblesse européenne qui provoque les schismes politiques.
En prenant du recul, nous constatons que la vision de la France est très isolée.
Dans cette Europe désunie, elle spécule toujours sur le couple franco-allemand dont la solidité nâest plus, à lâévidence, ce quâelle était, pour resserrer la cohésion politique des Ãtats membres et avancer vers une Europe puissance.
Elle est confrontée à lâincertitude et alimente des projets irréalistes par lâespoir ou le rêve. Mais ni lâun ni lâautre ne confèrent les attributs concrets ni de la puissance, ni de la sécurité.
La France, pourtant, par sa longue histoire, devrait savoir que cette puissance ne peut résulter que de la conjonction de moyens matériels et immatériels et de la définition déterminée des buts, à lâintérieur dâun système cohérent.
Mais qui parmi nos dirigeants sâappuie sur lâhistoire ?
LâUE ayant étouffé la voix des peuples ne dispose dâaucune légitimité et dâaucune maîtrise à lâinternational
Il est évident que câest la démocratie qui a amené la paix sur le continent et non pas lâorganisation européenne. Pire, lâUE est devenue un danger pour la paix, en impliquant lâOTAN et les Ãtats-Unis dans sa vision internationale et en réduisant, de ce fait, lâeffort de défense de chacun des pays. à lâopposé des recommandations du Rapport Harmel de 1967 et du Conseil de Cologne de 1999, qui militaient pour une politique de confiance Est-Ouest, les Ãtats-Unis, via lâOTAN, créent une suspicion, entretiennent une phobie et ouvrent une fracture dangereuse avec la Russie.
Nul ne peut être certain que dans les crises qui se profilent, les alliés extérieurs viendraient au secours de lâEurope. Il est bien connu quâun allié nâest pas obligatoirement un ami et, quand bien même le serait-il, sa sécurité et ses besoins propres priment sur ceux des autres.
Face aux problèmes de ce monde, lâUE est incapable dâagir.
Elle sâachemine vers « un avenir triste et sinistre, voire un risque patent dâinsignifiance militaire » comme le pronostiquait Robert Gates dans son discours dâadieux au GQG de lâOTAN en juin 2011.
Elle est, au plus, incantatoire. Elle sâest substituée à des Ãtats traditionnels qui, eux, avaient lâexpérience des relations internationales et détenaient alors les moyens et la volonté de défendre les intérêts de leurs peuples. Ainsi, aujourdâhui, face à lâimmigration invasive exploitée par le monde islamiste, elle est incapable dâapporter une réponse. Pire, les conséquences des accords de Schengen aggravent la situation en empêchant tout filtrage efficace à lâintérieur de son espace.
Tout migrant pénétrant dans un des pays signataires, peut, sans grande difficulté, circuler et se diriger où bon lui semble dans lâespace Schengen. à vrai dire cette faiblesse est également exploitée par des ONG qui, sous prétexte dâhumanisme, contribuent à entretenir ce flux dangereux pour lâéquilibre des sociétés et la protection de notre civilisation.
La signature, en juillet 2018, par les Ãtats européens, dont la France, du pacte de Marrakech sur la gestion des flux migratoires, certes non contraignant, nâa fait que confirmer auprès des populations lâaveuglement des autorités sur le sujet.
Décuplant les effets de la mondialisation, qui nâest rien dâautre que lâaméricanisation du monde, lâUE, agent indirect de Washington, provoque le mécontentement des peuples, face à des décisions auxquelles ils ne participent pas: immigration de masse, concurrence débridée, abandon des services publics, laminage des avancées sociales, destruction du tissu industriel, effondrement de lâagriculture, chômage.
Lâabsence de volonté commune à lâégard de ces risques et méfaits amène des réponses différentes des Ãtats, créant ainsi des situations diverses. â¦
Toutes sortes de maux que les Français, probablement pour partie à tort, mais très souvent à juste titre, attribuent au Léviathan européen. Ils ne sont pas les seuls.
Claude Cheysson, ministre des affaires étrangères du président Mitterrand, disait:
« je constate que beaucoup de grandes étapes de la construction européenne nâauraient sans doute pas été franchies sâil avait fallu préalablement les approuver par référendum».
Chaque fois que lâexpérience a été tentée, aux Pays-Bas, en Irlande, en France, au Royaume-Uni, elle sâest effectivement traduite par un échec pour lâUE.
Ce refus dâentendre les peuples est éminemment dangereux. Aveu dâune conception antidémocratique de la politique, il peut provoquer des réactions incontrôlables que lâorganisation subira.
Il est indispensable de prendre en compte ce risque.
Seule une «Europe des Nations» évitera le risque que porte en elle une organisation évoluant vers un pur fédéralisme en opposition avec le sentiment national des peuples.
La France se doit dâÅuvrer dans ce sens en incitant ses partenaires à respecter les peuples.
Il ne sâagirait, après-tout, que dâobserver les principes sur lesquels repose la démocratie. Cette volonté fédéraliste forcée aggrave les oppositions entre nations, car les peuples européens ne semblent pas disposés à communier au sein dâune structure étatique commune. Câest un simple constat.
Une fois encore lâUE pêche par son caractère technocratique, hors des réalités sociales et historiques.
De plus ce système, par essence, affaiblit les Ãtats qui finissent par montrer leurs insuffisances, suscitant ainsi des contestations, parfois violentes, et des revendications auxquelles ils ne peuvent répondre que par de fausses promesses ou des replis détériorant davantage leur image.
Il devient urgent de réformer lâUE en modifiant fondamentalement son fonctionnement de telle sorte que les Ãtats conservent la possibilité dâaccepter ou de refuser des directives et que les aspects fondamentaux, tenant aux souverainetés, fassent lâobjet dâaccords ou de partenariats entre Ãtats volontaires, hors des structures de Bruxelles, dont le rôle serait de les encourager, voire dâapporter sa caution, mais aucunement de les définir, et encore moins de les imposer.
Il est indispensable, aussi, de changer lâétat dâesprit de cette énorme administration et de la réduire: elle ne doit plus agir «en-soi» mais dans lâintérêt des Ãtats. Le danger serait considérable de confier à une organisation internationale les aspects les plus charnels de la souveraineté. Autant il paraît utile et de bonne politique que les gouvernements puisse sâentendre sur des intérêts communs - sécurité, coopération industrielle, relations internationales..- autant il est inepte dâen confier lâélaboration à une administration incapable de prendre en considération les besoins réels de chacun et ses intérêts géopolitiques.
Ajoutons encore le manque de pertinence, jusquâà un passé récent, dâune politique financière commune, alors que les Ãtats affichent des développements et des obligations différents. En période de récession ou de crise, la politique du plus riche nâest pas obligatoirement celle qui convient à tous.
Malgré quelques intentions affichées, la sécurité est sous traitée aux USA
Comme le montrent les différents traités et décisions prises lors des conseils européens, lâUE sâest efforcée de bâtir une politique européenne de sécurité commune, sans pour autant parvenir à une indépendance stratégique.
Le traité de Maastricht, entré en vigueur en 1993, définit des objectifs, non plus seulement économiques, mais politiques et de sécurité (PESC). Le Traité d'Amsterdam, (en vigueur le 1er mai 1999) prévoit le renforcement de la PESC conformément à l'article 17 du traité UE. Le Conseil européen de Cologne, de juin 1999, opte pour lâacquisition dâune capacité politique, diplomatique, militaire et industrielle. Il en établit les besoins et initie toute la construction organique de la PESC.
La notion de Politique Européenne de Sécurité et de Défense est lancée et le Rapport de la présidence sur le renforcement de la PESC, très clair et volontariste.
«Cela requiert la poursuite d'un effort de défense soutenu, la mise en Åuvre des adaptations nécessaires et notamment le renforcement de nos capacités en matière de renseignement, de projection, de commandement et de contrôle. Cela exige également des efforts pour l'adaptation, lâentraînement et la mise en cohérence des forces européennes nationales et multinationales.
â¦Nous sommes déterminés à favoriser la restructuration des industries européennes de défense dans les Ãtats concernés. Avec les industriels, nous Åuvrerons à une collaboration plus étroite et plus efficace des industries de défense. Nous chercherons à améliorer encore l'harmonisation des besoins militaires ainsi que la programmation et la fourniture des armements, de la façon que les Ãtats membres jugeront appropriée.»
Cependant cette déclaration qui aurait pu être regardée avec optimisme, par les partisans dâune Europe puissance, est entachée par une affirmation rappelant que « L'Alliance atlantique reste le fondement de la défense collective de ses membres ». LâUE, velléitaire, ne se libère pas de la contrainte otanienne et américaine.
Le traité de Nice de 2001 apporte quelques affinements, mais le fond reste inchangé.
Le traité de Lisbonne, de décembre 2007, englobe les intentions au sein des objectifs de l'action extérieure de l'Union. Il sâagit, en fait, surtout, dâun ensemble dâaffirmations générales et éthiques qui nâengagent nullement lâUE et visent davantage à encourager une intégration de tous les pays dans une économie mercantiliste sous une « gouvernance mondiale ».
Un titre de « Haut Représentant de lâUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité », prévu dès le traité de Nice, est concédé à un notable. Il ne détient aucun pouvoir réel.
Une fois encore nous constatons, dans la rédaction de ce texte, lâinfluence de lâultra-libéralisme et du transnationalisme promus par les Ãtats-Unis et leurs grands groupes industriels et financiers.
Depuis 2001, il existe, auprès de ce Haut Représentant, un Ãtat-major militaire de lâUnion Européenne : ses fonctions sont réduites à lâévaluation de situation, lâalerte et la planification stratégiques. Il reçoit ses directives du Comité militaire de lâUnion Européenne composé des chefs d'état-major des armées de chaque pays membre. La faiblesse de ses effectifs tout comme sa subordination complexe, limitent son rôle.
Il constitue à ce jour la seule structure militaire permanente intégrée de lâUE.
Lâorganisation de la sécurité dépend donc de la vision que les Ãtats peuvent en avoir. Elle est inévitablement otanienne. En Juin 2017, est enfin créé le Fonds Européen de la défense avec deux volets- «Recherche» et «Développement et acquisition» et une première «aumône» en guise de budget.
Pour résumer, le chemin a été tracé, souvent par de vrais concepteurs. La France est restée le trublion. Mais jusquâà ce jour elle nâa pu réellement peser, ligotée par son inclusion dans les «structures intégrées de lâOTAN». Elle doit parler plus fort et plus clair.
LâEurope est un tout humain, historique, culturel, économique. La Russie en fait partie. Elle nâest pas lâennemi à abattre.
Très clairement, il nây a pas plus de PESC que de PSED, mais une bureaucratie budgétivore dans une Europe dédiée au commerce et satisfaite dâune collusion avec les Ãtats-Unis.
Pour moduler la formule choc de lâactuel président français « lâOTAN est en état de mort cérébrale », il parait plus juste de dire que le lobe européen a été victime dâun AVC.
Relations Europe-Ãtats-Unis
Il sâagit, dâêtre pleinement conscient de plusieurs aspects, regardés aujourdâhui comme intangibles. Tous sont imposés par Washington.
SOUS LâEMPRISE DâUN EMPIRE
Câest dans la nature de tous les regroupements humains de vouloir étendre leur territoire et affirmer leur suprématie. Câest toujours cette ambition qui sâexprime par la guerre et la conquête. Victorieuse, elle repousse les frontières dâun pays et lâamène à dominer dâautres territoires habités par des peuples différents. Avec les Ãtats-Unis il nâen est rien.
Leur domination extérieure nâest pas territoriale. Elle est dâune toute autre nature, beaucoup plus insidieuse parce quâelle offre une sorte de confort dans lâabaissement, sans porter atteinte à lâindépendance officielle des pays ralliés. Câest un mouvement inscrit dans la durée mais grandement dangereux, car ce pays est menaçant face à ceux qui ne partagent pas sa vision universaliste, ou lorsquâil imagine un risque de concurrence.
Le Général Mark Milley, Joint Chiefs of Staff (JCofS) depuis le 20 septembre 2019, lâa affirmé brutalement : « Je veux être clair avec ceux qui tentent de sâopposer aux Ãtats-Unisâ¦. Nous possédons la capacité de nous déployer rapidement et nous détruirons nâimporte quel ennemi, nâimporte où, nâimporte quand ! ..».
Si cet Ãtat fédéral a profité de sa contribution majoritaire à la victoire sur les forces allemandes et nippones en 1945, ce ne fut pas en annexant des terres, mais bien en imposant des règles dans les relations internationales, in fine, à son seul profit. Organisations diverses, militaires, financières ou économiques, ont assuré, sous lâhypocrite destination affichée de servir lâhumanité, la domination du système américain sur une large partie de la planète.
Câest ainsi quâest né lâempire des Ãtats-Unis dâAmérique car il sâagit bien dâun empire auquel lâEurope se subordonne.
Nâoublions pas, aussi, que lâorganisation européenne a renoncé à toute ambition stratégique dès sa fondation. Elle sâest bâtie pour éviter la guerre entre ses membres. Cette paix, ardemment souhaitée, nécessitait un garant, un protecteur. Il ne pouvait sâagir que de la puissance des Ãtats-Unis.
Hormis la France du général de Gaulle, les autres pays européens se sont mis dâaccord pour déléguer leur direction politique et militaire à leur allié dâoutre Atlantique.
LA RUSSIE IMPORTANT PARTENAIRE ET FAUX ENNEMI
Dans cette vision impériale, lâattitude des Ãtats-Unis à lâégard de la Russie, cherchant à en faire un ennemi de manière totalement artificielle, a sans doute pour but de justifier la poursuite du développement de leur complexe militaro industriel et le maintien des Ãtats européens sous leur domination militaire, donc politique.
Leur budget de la Défense sâétablit à 750 milliards de dollars, alors que celui de la Russie se monte à 65 milliards de dollars, loin derrière celui de la Chine et de lâArabie saoudite ou encore de lâOTAN de 1036 Md$ jusquâà un passé récent. Bien sûr les pouvoirs dâachat diffèrent et peuvent tempérer ces rapports, mais globalement les sommes investies par les Ãtats-Unis au profit de leurs armées sont sans commune mesure avec celles dont disposent les armées russes.
Les Ãtats-Unis ont défini et affiché une stratégie, face à la Russie, - cf. Nuclear Operations - Joint Publications 3-72 Juin 2019/ JCofS - impliquant dâemblée lâemploi de lâarme nucléaire tactique à faible énergie, certes sur le sol russe, et précisément pour cela, ouvrant à une riposte à laquelle la France ne pourrait échapper.
La Russie, qui pourtant ne propage plus aucune idéologie, est nommément désignée comme lâennemi. La France, quâelle le veuille ou non, subit cette conception américaine et son concept de dissuasion est mis en péril. Elle ne peut à la fois, assurer la défense de ses intérêts vitaux par une stratégie dissuasive propre et dépendre des Ãtats-Unis, seuls maîtres de lâengrenage de la bataille de lâavant vers lâoption nucléaire, comme membre de lâorganisation militaire intégrée.
Cette approche est dâautant plus périlleuse que lâarme nucléaire avait toujours été regardée comme permettant « lâéquilibre de la terreur », visant un non-emploi.
Pour la France, son utilisation tactique avait pour but de lancer à lâadversaire un ultime avertissement en concentrant la frappe sur ses seules forces. Pourtant, demain, comme hier et aujourdâhui, la dissuasion nucléaire sera au cÅur de lâéquilibre du monde. LâEurope ne pourra en faire lâimpasse.
La fidèle subordination des pays européens aux Ãtats-Unis, hormis, dans ce domaine, de la France et du Royaume-Uni, tient, depuis 1949, à cette réalité. La France est maintenant, depuis le Brexit, formellement et légalement, le seul pays de lâUE à disposer de cette puissance atomique. Câest très certainement un atout.
RÃALITÃS ET INTENTIONS SOUS-JACENTES
De plus cette politique agressive suscite un rapprochement contre nature entre la Russie et la Chine, potentialisant ainsi une menace. De ce fait, elle pourrait devenir réelle, même si chacun de ces deux pays ne porte en lui aucune volonté dâagression militaire contre lâOccident. Dans les années passées, la Russie a rétabli sa souveraineté sur sa province de Crimée [5] quâune décision administrative soviétique - 1954 - lui avait retirée. Retrouver lâintégrité de son sol ne peut décemment lui être reproché pas plus, toute chose égale par ailleurs, quâil ne pouvait être reproché à la France, après la défaite de 1870, de tout faire pour ramener en son sein lâAlsace-Moselle.
De même, sâagissant de lâUkraine qui doit son indépendance à la seule bonne volonté de Moscou, il faut avoir lâhonnêteté de reconnaître, dâune part, que le berceau de la Russie se trouve autour de Kiev et que, dâautre part, 17,2% de sa population est russe et fidèle à la mère patrie.
Les Ãtats-Unis risquent de nous entraîner dans une guerre contraire à nos intérêts.
Il est révoltant de savoir que si nous refusons leur vision inique nous ferons partie de « lâaxe du mal ».
Cependant le but des Ãtats-Unis pourrait être tout autre. En maintenant par toutes sortes de ruses lâidée dâun ennemi en Europe, ils consolideraient la subordination de leurs alliés et leur besoin sécuritaire. En effet, imaginons que la Russie soit reconnue comme ne présentant aucun danger pour la paix sur le continent, Washington, dans cette hypothèse, aurait bien du mal à sâopposer à un rapprochement entre lâUE et Moscou et à justifier pleinement lâexistence de lâOTAN.
Lâensemble ainsi constitué, représenterait un adversaire économique et politique majeur.
La Russie doit donc rester lâennemi.
En effet, si lâEurope mettait en Åuvre les intentions affichées, lors du Conseil de Cologne en 1999, dans son annexe III, Washington aurait bien du mal à réorienter sa vision géopolitique:
« L'Union considère la Russie comme un partenaire essentiel pour atteindre cet objectif [paix durable sur le continent] et elle est déterminée à coopérer avec elle. Elle propose que le partenariat stratégique se développe dans le cadre d'un dialogue politique et de sécurité permanent,/â¦./. Ce dialogue permettra une concertation renforcée dans toutes les instances pertinentes dont la Russie et les Ãtats membres sont membres, en particulier lâONU et lâOSCEâ¦Â»
Pour le Cercle de Réflexions Interarmées.
Général (2S) Henri Roure
Général (2S) Jean-Serge Schneider
Ingénieur Général de lâArmement (2S) Louis A. Roche
Général (2S) Marc Allamand
Général (2S) Jean Claude Allard
Capitaine de Vaisseau (ER) Alexis Beresnikoff
Général (2S) Grégoire Diamantidis
Monsieur Marcel Edouard Jayr
Contre-Amiral (2S) François Jourdier
Général (2S) Christian Renault
Général (2S) Jean-Claude Rodriguez
Général (2S) Jean-Pierre Soyard
Dans le prochain numéro de « Méthode » : le piège du lien transatlantique et comment sortir de ce piège.
NOTES ET RÃFÃRENCES
1. Articles déjà parus dans Capital:
- «Il faut se libérer de lâemprise américaine et se rapprocher de Moscou» 30/04/2020
- « Du danger pour lâEurope de la stratégie nucléaire des Ãtats-Unis et de lâOTAN» 30/05/2020
2. Cour Européenne de Justice
3. Sâagissant du programme d'achats d'actifs lancé par la Banque centrale européenne, les juges allemands, en avril 2020, ont lancé un ultimatum à la BCE. «Si le Conseil des gouverneurs n'adopte pas une nouvelle décision démontrant de façon substantielle et compréhensible que les objectifs de politiques monétaires poursuivis par le PSPP (programme de la BCE sur lâacquisition dâobligations souveraines sur les marcheÌs secondaires) ne sont pas disproportionnés par rapport aux effets économiques et budgétaires qui en découlent, la Bundesbank ne pourra plus participer à la mise en place et à l'exécution du programme», écrit la cour dans son jugement. Autrement dit, elle cesserait ses achats d'actifs. En outre, la banque centrale allemande pourrait appliquer cette règle aux titres qu'elle détient déjà en portefeuille.
4. étude ESSEC: « la présence et lâinfluence des lobbies américains à Bruxelles » 05 avril 2015.
Les Lobbies; https://agone.org/elements/europeinc/enligne/4/index.html; Observatoire de lâEurope industrielle; «Comment les multinationales construisent lâEurope & lâéconomie mondiale»:12/04/2005,
https://www.vie-publique.fr/questions-reponses/271843-cinq-questions-sur-laction-exterieure-de-lunion-europeenne
5. Le « Khanat » de Crimée est annexé à l'Empire russe depuis 1783. En 1954, Nikita Khrouchtchev transfère la Crimée à la RSS d'Ukraine de manière symbolique.11 mars 2014 le parlement de Crimée déclare l'indépendance de la république de Crimée (réunissant la république autonome de Crimée et Sébastopol). Le 18 mars 2014, à la suite dâun référendum tenu le 16 mars, le gouvernement russe annonce que la république de Crimée (correspondant à lâancienne république autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol, deviennent deux nouveaux sujets de la fédération de Russie et le gouvernement ukrainien retire ses troupes de Crimée. Au niveau international, les Ãtats-Unis, l'Union européenne et d'autres pays s'opposent à la Russie, l'accusant de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine. L'Assemblée générale de l'ONU adopte le 27 mars 2014, une résolution, non contraignante, qui dénonce le référendum en Crimée et le rattachement à la Russie; 78 pays sâabstiennent de voter la résolution.
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