
Le Kirghizistan ou République Kirghize est un pays au centre de lâAsie centrale. Très montagneux, il est souvent confondu avec ses voisins. Le Kirghizistan est la seule démocratie aux alentours. La situation économique est sociale est loin dâêtre fameuse malgré des indicateurs socio-économique moyens. Après la révolution de 2010 et les affrontements inter ethniques violent qui sâen est suivis, le pays sâest tourné vers Moscou et a entrepris une politique de reconstruction et de consolidation de lâÃtat sous lâaile de la Russie. Ce pays a maintenu tant bien que mal la russophonie de son pays ainsi que sa présence au coté de son puisant allié dans les organisations internationale eurasiatique.
Cette petite république depuis 2010 est connue comme lâarchétype du pays asiatique fidèle à Moscou. Même si elle nâest pas en guerre une base de lâarmée russe est maintenue et la Fédération russe a investi dans cette petite république turcophone à large majorité musulmane. Les présidents et ministres rassurent toujours Moscou et affichent leurs amitiés avec le Kremlin. Néanmoins, il convient de noter que cette alliance et cette domination souffrent de plusieurs problèmes.
En effet lâéconomie contrairement à ses voisins ne peut pas se reposer sur les hydrocarbures et la dépendance envers le grand frère russe se fait sentir. La corruption règne à tous les niveaux et la criminalité organisée prospère. Les tensions économiques et sociales se traduisent parfois violement notamment avec la minorité Ouzbek interne forte de prêt de 15 % de la population.

Plus quâun problème inter ethnique, lâislamisme semble pointer le bout de son nez.
Le Kirghizistan est lâune des deux ex-Républiques socialistes soviétiques, avec le Kazakhstan, à avoir conservé le russe comme langue officielle. Le pays a, en plus de celle-ci, ajouté la langue kirghize peu après lâindépendance en septembre 1991. Celle-ci appartient au groupe des langues turques. En 1924, un alphabet basé sur l'alphabet arabe fut introduit, remplacé par l'alphabet latin en 1928. En 1941, l'alphabet cyrillique fut définitivement adopté.


Toutefois, la langue russe est maîtrisée par 40 % de la population en raison du fait quâelle constitue encore la langue des affaires et de la politique. On constate néanmoins une tendance à une arrivée de la langue kirghize sur la place publique. Les mesures adoptées à l'égard de la langue russe permettraient surtout de contenter les investisseurs russes et de juguler la fuite des russophones hors de Kirghizie.
La dégradation de la qualité de lâenseignement du russe sâest fait sentir sur la jeune génération au détriment du Kirghize et de manière informelle de lâOuzbek. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la question linguistique est restée au Kirghizistan un objet de grande controverse et que la bagarre n'est certainement pas terminée.
Le Kirghizistan jouissait dâune pertinence stratégique durant le pic du conflit en Afghanistan. Entre 2001 et 2013, la coalition menée par les Ãtats-Unis avait une base militaire à Bichkek. Dans la foulée, en 2002, la Russie a également déployé une présence militaire. Cela signifie que pendant des années, le Kirghizistan était lâun des rares pays dont le territoire abritait des forces russes, américaines et des autres nations de la coalition. La situation a changé en 2013 lorsque les USA ont modifié leur stratégie et diminué leurs opérations en Afghanistan. Le contrat de location pour la base à Bichkek est également arrivé à expiration et nâa pas été renouvelé, obligeant ainsi les Ãtats-Unis à quitter.

Lâintérêt que les Ãtats-Unis portent pour lâAsie centrale a considérablement chuté et Washington ne considère plus la région comme lâune de ses priorités. Lâarmée kirghize pour sa part a été complètement restructurée sur la base des forces russes en complément même des forces de leurs bases militaires sur place. Beaucoup dâexpert pointe la faiblesse de cette armée et de la police ne cas de conflit majeur.
La criminalité nâest pas en reste dans ce pays, notamment le trafic de drogue. La frontière sud du Kirghizstan avec le Tadjikistan et lâOuzbékistan, dans la région dâOch, joue avec celle de Batken, un rôle-clé : depuis 2002, on observe dans ces deux provinces une progression spectaculaire du trafic dâopiacés afghans.
Ces trafics agissent en parfaite impunité à cause dâun état pauvre miné par la corruption qui ne veut pas faire de vagues et se fâcher avec des groupes criminels qui achètent la tranquillité.

Bien quâindépendant depuis 1991, le Kirghizistan reste économiquement dépendant de la Russie, son plus grand partenaire commercial et le premier investisseur. La Chine pour sa part nây porte que peu dâintérêt. La population est dâenviron six millions dâhabitants et un peu moins dâun million travaillent en Russie. Les envois de fonds provenant de ces travailleurs représentent 30 % de notre PIB.
Ces chiffres approximatifs parlent dâeux-mêmes. Le Kirghizistan poussé par ses intérêts économiques a récemment rejoint lâUnion Ãconomique Eurasienne (UEE) et la Russie a promis de débloquer des fonds pour nous venir en aide.
LâUEE offre aussi des avantages au niveau de lâemploi en facilitant lâoctroi de permis de travail depuis notre adhésion. Selon la terminologie en usage jadis, le Kirghizistan socialiste bénéficiait de dotations, ce qui signifie que son budget était subventionné par Moscou jusquâen 1991. Ensuite, le Kirghizistan a été obligé de moderniser son économie, mais beaucoup sont partis chercher du travail à lâétranger. Le plus simple était dâaller en Russie.
En 2014, suite aux sanctions économiques contre la Russie, beaucoup de Kirghizes ont perdu leur emploi et sont rentrés au pays. Les transferts dâargent provenant des travailleurs émigrés ont cessé dâaffluer. Pire encore, les réfugiés ukrainiens se sont vus préférés par les employeurs russes et les immigrants kirghizes ont vu leurs conditions se dégrader pour ceux qui ont réussi à travailler en Russie.
La pression démographique nâa pas cessé malgré lâimmigration des populations russophones vers la Russie. Les tensions entre communauté Kirghize et Ouzbek ont afflué. Les Ouzbeks constituent 15% de la population et restent proches de leur patrie dâorigine lâOuzbékistan. Les membres de la minorité ouzbek ne sont pas représentés dans l'administration régionale, ni dans les commerces ni dans les médias ; ils doivent faire face à certaines suspicions de la part des Kirghizes qui, depuis l'indépendance, se méfient des Ouzbeks. Se sentant exclus de la vie politique et subissant des pressions dans le domaine économique, certains Ouzbeks trouvent un débouché dans la criminalité ou le fondamentalisme islamique.

Suite à la dissolution de lâUnion Soviétique, le regain dâintérêt pour la religion a été fort. LâIslam Kirghize était peu revendicatif et emprunt de coutumes locales colorées et peu orthodoxe. De manière générale la population était vu comme très peu pratiquante.
Les organisations caritatives islamiques et les mosquées sont apparues dans le paysage kirghize, et joue en grande partie, un rôle constructif pour empêcher les jeunes de sâengager sur la voie du radicalisme. Telle est la raison pour laquelle les autorités kirghizes maintiennent un dialogue avec eux. La fondation Iman par exemple, donne des bourses dâétudes à ceux qui désirent recevoir une éducation religieuse formelle pour devenir eux-mêmes des enseignants en religion.
Les chrétiens (8 %) pour la plupart orthodoxes et slaves jouissent dâune relative paix, mais les organisations protestantes pointent des injustices et des pressions sur leurs convertis issues de lâIslam.
Mais malgré un discours officiel rassurant, on peut voir un islamisme rampant venant dâArabie Saoudite et des frères musulmans de Turquie. Ces pays ont financé la restauration et la construction de mosquée ainsi que dâécoles coraniques.

Les autorités kirghizes ont choisi une politique inclusive et cherche le dialogue avec tous les groupes religieux, au lieu de les montrer dâun doigt accusateur. Câest par exemple le cas de Tablighi Jamaat qui nâest pas interdit au Kirghizistan à la différence de certains pays voisins. Si lâÃtat achète en partie la paix avec les islamistes, le pays sert de terrain de replis pour les islamistes persécutés par les pays voisins.
Lâislamisation se fait sentir avec le Hidjab noir qui apparait dans les lieux publics. Des Kirghizes sont partis rejoindre lâ« Ãtat islamique » et les autorités militaires et policières du pays font état dâune montée de lâislamisme qui pourrait déboucher vers du terrorisme. Un scénario de guerre civile pourrait même avoir lieu selon les spécialistes les plus alarmistes.
Dans cette position extrême seule la Russie serait à même de régler le conflit. La Russie réussira-t-elle jouer les pompiers et garder ce pays dans son orbite ? Seul lâavenir le dira â¦
F.L.
SOURCES
Dessous des cartes sur lâAsie centrale
Sites novostan et Eurasia.net
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