Giorgio AGAMBEN, philosophe italien contemporain, assume avec courage ses points de vue non-conformistes sur ce spectacle hygiéniste qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Je suis ravie de faire découvrir ce philosophe aux lecteurs de la Revue Méthode.
Giorgio Agamben, figure considérable dans le monde intellectuel italien contemporain, critique le fait que lâétat dâurgence (donc une mesure provisoire) est devenu permanent. Il utilise dans ses propos le terme « lâétat dâexception » dont il est auteur. « Lâétat dâexception » devenu permanent fait la violation des principes constitutionnels, et câest précisément cela qui est une grande arnaque de notre liberté. Le philosophe sâinterroge pourquoi les réponses politiques relatives à la crise Covid ont pris une telle ampleur considérable, alors même que des problèmes de même gravité ou intensité ou même plus graves encore, récents et plus anciens, nâont pas provoqué de telles réactions.

Voici une petite citation tirée de ses écrits : « iI est évident que donner un chiffre de décès sans le relier à la mortalité annuelle sur la même période et sans préciser la cause réelle du décès nâa pas de sens. Pourtant, câest précisément ce que nous continuons de faire chaque jour sans que personne ne semble le remarquer. Cela est dâautant plus surprenant que les données qui permettent la vérification sont disponibles pour quiconque souhaite y accéder et jâai déjà mentionné dans cette section le rapport du président de lâISTAT Gian Carlo Blangiardo dans lequel il est démontré que le nombre de décès pour Covid 19 est inférieur à celui des décès dus à des maladies respiratoires au cours des deux années précédentes".

Mais le problème de cet état des choses dans notre société actuelle ne relève pas uniquement au Covid, câest un problème plus global. Agamben souligne ici le fait que la question de la santé qui était jusquâà là un des moyens, une des ressources pour une vie, devient le but de la vie. Propagandé aujourdâhui comme tel, la santé et le sanitaire remettent en cause les libertés fondamentales de lâhomme créant un paradoxe. Et câest par ce paradoxe, en inversant le moyen et le but, que le pouvoir écrasant sur la population sâinstalle. Ce nâest plus lâindividu qui compte câest ce concept abstrait de la « population ». On nous parle collectif : protéger la population, les statistiques, les risques, les nombres etc. Dâoù la campagne de vaccination massive sans tenir compte de la logique des risques réels (âge, état général de santé de chacun, consultation personnalisée avec un médecin traitant pour voir vraiment si le jeu vaut la chandelle), surtout que quand tous les chiffres montrent que le risque de mourir nâest pas plus élevé quâavec la grippe.
Cette sensibilisation aux risques devenue obsessionnelle dans ce nouveau monde rend notre société de plus en plus hygiéniste où la vie nâest plus le chemin de notre existence mais le pouvoir qui nous tient nous tous par le chantage de la mort.
Et pour conclure :
Ne nous laissons pas nous faire manipuler et rappelons-nous une fois de plus la sagesse éternelle vérifiée par le temps : la vie câest un chemin et non ni but ni résultat. Le sens de la vie est donc dans le mouvement, dans lâavancement. Parce quâune foi arrivée à la destination la vie cesse et lâhomme rentre dans une autre phase qui est la mort. Et câest normal. Câest comme cela que lâêtre humain fonctionne. Mais il y a une bonne nouvelle : la liberté de réfléchir elle nous appartient toujours. Nâhésitez donc pas à se faire un peu violence et commencez à réfléchir. Vous verrez, tout va devenir beaucoup plus clair.
A.G.
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