
Paul Valéry nous a rappelé que les civilisations sont mortelles. Lâéconomiste et essayiste Marc Rousset, ancien dirigeant de grandes entreprises, membre du Haut Conseil de la Langue française et de la Francophonie, nous montre que sauver la France, câest dâabord sauver la civilisation, les cultures et la langue de la France et des pays et communautés dâexpression française, tant de langue maternelle que de langue seconde maîtrisée, dâabord en Europe et en Amérique du Nord, mais aussi ailleurs, là où des personnes se la sont pleinement appropriée.
Câest aussi sauver la civilisation de lâEurope au sens large, carolingienne et slave.
Avec une conscience aigüe de lâurgence dâun puissant sursaut, Marc Rousset, à lâinstar du poète autrichien Rainer Maria Rilke, appelle lâhomme qui toujours revient lorsquâune époque, menacée de finir, se reprend encore une fois, lâhomme qui en soulève toute la charge, « und wirft sie in den Abgrund seiner Brust » (et la déverse dans lâabîme de sa poitrine). Marc Rousset rassemble lui-même courageusement en un dossier-plaidoyer à la fois richement nourri de faits et de chiffres, mais aussi fervent, vibrant, les plaies et les graves menaces dont nous souffrons. Il met à nu les violentes attaques que notre civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne subit tant de lâempire matérialiste anglo-saxon que de lâislamisme vengeur et conquérant. Il met surtout en valeur nos puissants atouts à mobiliser avec courage dans une victorieuse et brillante renaissance de lâEurope, puissante de ses nations, alliée et liée à la Russie.
Marc Rousset va dans le sens du combat du Haut Conseil et de ses associations pour le français et la Francophonie en estimant indispensable la construction dâun bloc de puissance grand-européen, confédération reposant non sur un marché ouvert à tous les vents et flux, mais « sur un socle culturel et militaire ». Il suit ainsi le Général de Gaulle refusant lâentrée de la Grande Bretagne en CEE pour cause de Commonwealth et - surtout - de lâanglais cheval de Troyes des Ãtats-Unis et de lâhégémonie linguistique anglo-saxonne à Bruxelles. Lâhistoire lâa confirmé. Notre auteur estime comme Umberto Eco que « La langue de lâEurope, câest la traduction ». Et que la langue commune de communication pratique, utile à lâoccasion, à côté des langues officielles et de travail des institutions de lâUE appuyées sur un service de traduction efficace, ne saurait dâaucune manière être la langue de lâimpérialisme anglo-américain quâil dénonce, car contraire à la nature et à lâindépendance de l'Europe.

Contre ce quâil qualifie de lâche défaitisme et de trahison de trop de clercs et dirigeants français (dont M. Macron quâil épingle notamment pour son discours de candidat de janvier 2017 en anglais à lâuniversité Humboldt de Berlin), « collabos de la pub et du fric » selon Michel Serres, notre auteur invoque les Claude Hagège éminent linguiste et Laurent Lafforgue médaillé Fields, lâImmortel Jean-Marie Rouart, ainsi que lâinitiateur du projet associatif Villers-Cotterêts de 2001 (heureusement adopté en 2017 par lâÃlysée), tous quatre aussi membres du Haut Conseil.
Il invoque Bock-Côté et Stéphane Bern. Il rappelle lâimportance de la francophonie mondiale forte de plusieurs centaines de millions de locuteurs et dâune organisation internationale (OIF). Sur ces bases, Marc Rousset affirme que « En prenant la tête, à sa manière, dâune internationale de la diversité des peuples, seule la France a vraiment les moyens de tenir tête à ce quâon appelle communément le rouleau compresseur de la mondialisation. » Pour lui, le français est la seule langue continentale - et mondiale â pouvant prétendre à être au moins la référence juridique, culturelle, politique et diplomatique, de la nouvelle Europe-Puissance des Nations quâil appelle de ses vÅux, y associant la Russie. Selon lui, si les Européens nâacceptent pas que le français serve en outre la communication pratique en diverses circonstances, la seule autre langue à choisir ne peut être que lâespéranto.
Lâanglo-américain ne doit en aucun cas usurper cette fonction.
A.S.
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