Pour mémoire, PanEuropa est un ouvrage écrit en 1923 par Richard N. Coudenhove-Kalergi, un aristocrate austro-hongrois qui a pris la nationalité tchécoslovaque après la dissolution de lâAutriche-Hongrie consécutive à la Première Guerre Mondiale.
Ce conflit a été un tel cataclysme quâun grand mouvement pacifiste en est résulté : câest lâépoque du « Plus jamais ça. » Il nâen a, hélas, rien été.
Pour appréhender la vision de «RCK», le mieux est de lui laisser la parole. Bien sûr, le monde a profondément changé en un siècle mais lâapproche de lâauteur garde une pertinence certaine.

« Lâhégémonie de lâEurope sur le monde est à jamais brisée. On a craint lâEurope, maintenant on la plaint. Autrefois elle parlait en maîtresse, maintenant elle est contrainte à la défensive : sur le plan militaire, menacée par lâinvasion russe, sur le plan économique, menacée par la concurrence américaine. Elle est endettée, morcelée, inquiète, affaiblie, elle est déchirée par des luttes nationales et sociales, elle est gravement atteinte dans sa démographie et dans son industrie, elle est plongée dans un chaos économique et monétaire. Aussi sâen va-t-elle dâun présent sans espoir vers un avenir incertain
Que la situation de la Russie soit encore plus sombre, ceci ne peut rassurer lâEurope car le temps travaille pour la Russie et contre lâEurope.
Les richesses inouïes de son sol, ses ressources en hommes, encore inemployées et plus homogènes, garantissent en tous cas son avenir.
Quelle que soit la manière dont se présente cet avenir, la Russie sera de nouveau, tôt ou tard, grande puissante et riche.
LâEurope, au contraire nâa devant elle quâun avenir des plus incertains. Elle a perdu son hégémonie sur le monde parce que ses peuples étaient désunis; Elle perdra son indépendance et ce qui lui reste de bien-être si elle continue dâêtre désunie. Le XXème siècle qui vit lâEurope tomber de son trône, verra-t-il aussi sa décadence ? Cela dépendra de ce que feront ses peuples et aussi ses chefs. Obéiront-ils aux nécessités de lâheure ou se jetteront-ils les yeux fermés dans le précipice vers lequel ils courent sans arrêt ? »
Il faut y ajouter que durant le XXème siècle, le monde sâest rétréci, est devenu plus petit : par suite des progrès techniques de transport et de communication les villes et les pays se sont rapprochés de plus en plus. Ne parle-t-on pas, de nos jours, du « village planétaire « ?
Le problème est posé depuis un siècle. Il demeure. De nos jours apparait une Europe qui tente de sâunir au travers de « lâUnion Européenne « mais qui reste divisée. Elle nâintègre pas la Russie, le Belarus, plusieurs états des Balkans, la Moldavie. Elle voudrait intégrer des pays de civilisation islamique, comme lâAlbanie, le Kosovo. Elle sâest engagée dans des contradictions inextricables. Certes, lâexistence dâun empire dâOccident et dâun empire dâOrient remonte à loin, à lâEmpire Romain. On a parfois dit précisément que lâEurope tentait de reconstituer lâEmpire Romain mais il faut se souvenir de Charlemagne qui était simplement empereur dâOccident. Toute lâhistoire de lâEurope oscille entre des tentatives dâunion et des séparations (Louis XIV, Napoléon, Hitler...). Les volontés impériales ont conduit à des échecs et on se souviendra de la parole de Durosselle « Tout empire périra »
Dâoù partons nous ?
LâEurope géographique : il est évidemment aisé de définir les limites occidentales de lâEurope : ce sont des mers et des océans, y compris au nord de la Scandinavie avec lâOcéan Arctique. On trouve la Mer du Nord, la Manche, lâOcéan Atlantique et la Méditerranée. Plus loin, le Mer Noire et la Caspienne. Au delà , ce sont lâAfrique et lâAsie. La délimitation de lâEurope à lâEst est plus compliquée et câest de là que sont nés les problèmes depuis des temps ancestraux.
Le Général De Gaulle définissait lâEurope comme allant de lâAtlantique à lâOural mais câétait plutôt une approche par la civilisation, car les montagnes de lâOural sont franchissables, un peu comme les Vosges ou le Jura et à cet égard, câest à la Russie de se prononcer.
Lâhistoire nâest pas plus loquace : on ne compte plus les conflits entre Polonais, Lithuaniens, Russes, Suédois tout au long des siècles.
Aujourdâhui, et sur le plan politico-économique, nous connaissons lâUnion Européenne mais elle nâest pas satisfaisante car voulue par les Américains après le Deuxième Guerre mondiale, sur le modèle des Etats-Unis précisément, fédérale et réduisant les états à de simples circonscriptions administratives, elle se heurte à lâhistoire de nos nations et elle périclite; nous y reviendrons.
En réalité, le projet paneuropéen qui a voulu à un moment sâinspirer de lâorganisation panaméricaine nâest pas crédible dans cette acception. Au demeurant lâorganisation panaméricaine a vécu : de nombreux pays latino-américains ont pris leurs distances avec la volonté hégémonique des USA : Brésil, Argentine, Bolivie, Chili. Actuellement, on notera même de sérieuses tensions entre Washington et Cuba et encore plus chaudement le Venezuela. Ce nâest donc pas la solution. Retournons aux sources.
La volonté de RCK, câest dâabord de promouvoir la paix en Europe et autant que faire se peut, dans le monde. La tentative de la Société des Nations a échoué et nâa pu empêcher la Deuxième Guerre mondiale mais nous avons aujourdâhui lâOrganisation des Nations Unies qui est dotée dâun Conseil de Sécurité et peut mobiliser des troupes, les « casques bleus » pour intervenir dans des conflits et empêcher la guerre. Les troupes de lâONU ont été et sont impliqués dans de nombreux conflits.
La vocation du mouvement paneuropéen reste donc pleine et entière : Åuvrer pour la paix, la sécurité, la coopération entre les nations.
Le fiasco de lâUnion européenne
La Deuxième Guerre mondiale a consacré la supériorité militaire de lâAmérique dont les dirigeants ont voulu prolonger cette victoire sur le plan politique et sur le plan économique. Sâestimant être un modèle pour le monde, ils ont, en ce qui concerne le continent européen, Åuvré pour imposer une Europe américaine.
Néanmoins, tout est parti dâune évaluation biaisée. Si lâAmérique a pu mener son débarquement en France, câest aussi, voir surtout parce que la Russie a fixé à lâEst de nombreuses divisions hitlériennes qui nâont pu participer à la bataille de lâOuest.
En outre, lâEurope était - et est toujours - un ensemble de nations distinctes ayant chacune, son histoire et sa culture, souvent sa langue propre. Rien à voir avec lâhistoire des états américains où nombreux sont ceux qui ont été créés par un simple découpage géométrique et ne sont que de simples subdivisions administratives dâun état fédéral, même si elles disposent de quelque autonomie.
Câest donc cette Amérique qui a prétendu - et prétend toujours - formater lâEurope. On sait aujourdâhui que Robert Schuman, le » grand Schuman «, « père de lâEurope » était en réalité un agent américain rémunéré. Il en est de même pour Jean Monnet et on sait aujourdâhui que le fameux discours prononcé par Schuman a été rédigé par les services de Dean Acheson, transporté par Monnet, et remis à Schuman pour quâil le lise publiquement. Les débuts de lâUnion Européenne, la CECA, les premiers dirigeants, Adenauer par exemple, flanqué de Walter Hallstein, ancien juriste nazi récupéré par les Américains sont des fantoches manipulés.
Lâorganisation ainsi mise en place ne répond ni aux besoins ni aux aspirations des peuples européens et cela apparaît de plus en plus. LâUE se lézarde.
Mais en tout premier lieu, elle nâest pas indépendante. Elle apparait manipulée par lâOTAN, dâoù les pressions visant à ramener les organes européens et notamment le parlement à Bruxelles, siège de lâOTAN et au détriment de Strasbourg. Lâessentiel des états européens appartient dâailleurs à lâOTAN qui imprime notamment une politique russophobe contraire aux intérêts de nos pays. Il convient dây apporter des rectifications.

Câest dâailleurs de lâentourage de Walter Hallstein quâest partie une campagne visant à déconsidérer RCK, relayée - comme câest curieux - par des organisations néo-nazies-. En effet, la vision paneuropéenne est considérée comme rivale par les fondateurs de lâUE et ses tenants. En vérité, câest bien le cas mais il suffit de laisser faire, car lâUE bat de lâaile de plus en plus sérieusement.
Il suffit de constater son échec sur le simple plan de lâalimentation. lâUE devait réduire la pauvreté or, un évènement comme lâépisode des Gilets Jaunes en France a démontré que bien des familles nâont plus de quoi se nourrir , la deuxième quinzaine du mois. Câest vrai aussi sur le plan vestimentaire où des enfants vont encore à lâécole pieds nus. LâUE nâest pas solidaire et la paupérisation saute aux yeux.
La pandémie que nous subissons démontre que la politique médico-hospitalière inspirée par Bruxelles est contre-performante, insatisfaisante en matière de santé.
En matière de sécurité collective, le tableau nâest pas plus brillant. A part la France qui performe dans lâaéronautique et le spatial, lâUE est un ensemble désarmé et qui perturbe les industries dâarmement. Elle est tout aussi incapable de lutter contre une immigration invasive qui détruit lâemploi et paupérise les travailleurs. FRONTEX doit être réformée dâurgence.
Et lâeuro ? Au départ, lâeuro, monnaie unique et non pas monnaie commune comme lâecu devait donner à lâUE une monnaie forte, concurrente du dollar. Il nâen est rien au bout de vingt ans. Des économistes sérieux, tel Charles Gave pronostiquent un éclatement de la zone euro ou au moins une scission entre un « euro fort» en Allemagne, Hollande, et un «euro faible» dans les pays du sud. On voit déjà des ressortissants de pays du sud ouvrir des comptes dans des banques allemandes pour que leurs euros restent forts. On peut aussi acheter de lâor, de lâargent-métal pour protéger ses avoirs.
Les perspectives

Tout dâabord, lâEurope doit être regardée comme un tout au niveau de sa civilisation. Le trait dâunion entre les pays européens, câest le Christianisme. Le mouvement remonte à la christianisation de lâempire romain par lâempereur Constantin dont RCK a repris le symbole : une croix rouge imprimée sur soleil dâor.

On notera, quatre siècles plus tard, lâaction de Charlemagne qui convertit, lâépée à la main les peuples barbares quâil conquiert, notamment les Saxons. La civilisation européenne se défend contre de multiples invasions : perses, germaniques sans compter les Huns dâAttila. Aujourdâhui, câest lâAfrique mais aussi une partie de lâAsie qui monte à lâassaut de lâEurope ; le problème reste identique. On a craint, après-guerre, une invasion soviétique et du pacte de Varsovie qui ne sâest pas produite...Aujourdâhui, la Russie est plutôt dans une attitude de résistance défensive.
Mais lâEurope ne se fera que si les Européens ressentent un besoin dâappartenance. Nous en sommes loin. Que faut-il faire ? La réponse nous est fournie par le psychologue américain Abraham MASLOV qui a étudié la hiérarchie des besoins humains et a constitué une pyramide de ces besoins, des plus essentiels aux plus éthérés; A la base de la pyramide, les besoins vitaux de nourriture de vêtements de perpétuation de lâespèce. LâEurope, nous lâavons vu, nâa pas su satisfaire ces besoins dans une partie de ses populations.
Le second niveau est constitué par les besoins de sécurité, individuelle et collective. La sécurité individuelle, câest le domaine médico-hospitalier et nous avons vu quâavec la pandémie du covid, cette sécurité laissait à désirer. Il semblerait, selon certaines statistiques que la durée de vie soit en diminution dans certains pays. La sécurité collective, câest la défense et il faut bien constater quâà part la France, peu de pays européens font les efforts requis. Ils préfèrent sâen remettre au parapluie américain, ce qui est très dangereux.
Ce nâest que si ces niveaux sont franchis quâapparait le besoin dâappartenance. Lâunité européenne est donc encore loin et lâUnion Européenne apparait comme une fiction pour bien des années encore à supposer quâelle subsiste. Or nâoublions pas la remarque du président français MACRON jugeant que « lâEurope est au bord du précipice. Nâoublions pas non plus le pronostic de Vladimir POUTINE selon lequel lâUnion Européenne sâeffondrera dans la décennie qui vient. Dâores et déjà , on perçoit des craquements. Câest dâabord le GROUPE DE VISEGRAD (Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie) qui nâentend pas sâen laisser imposer par Bruxelles. Plus récemment, câest la Cour Constitutionnelle allemande qui refuse lâautorité supranationale de la Cour de Justice Européenne, en quoi elle vient dâêtre rejointe par la Cour suprême de Roumanie. LâUE se dirige vers des turbulences.
Manifestement, lâUnion Européenne est victime de ses prétentions fédérales, comprenons impériales et de plus en plus mal supportées, surtout lorsquâelles visent les domaines régaliens des nations ou quâelles prétendent sâouvrir à des pays qui nâappartiennent pas à notre civilisation : en premier lieu la Turquie et ses pseudopodes : lâAlbanie, le Kosovo entre autres. On notera en outre que le Kosovo nâest pas reconnu par 5/7 de la population mondiale.
Face à ces situations, la Paneurope est-elle en panne ? Non, elle sâappuie sur deux organisations puissantes : le Conseil de lâEurope et lâOrganisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).
-LE CONSEIL DE LâEUROPE est une organisation intergouvernementale institué le 5 mai 1949 par le Traité de Londres. Il précède donc lâUE et le Traité de Rome et comprend 47 membres soit 830 millions de ressortissants (lâUE seulement 27). Cette organisation vise à protéger les droits de lâhomme, à promouvoir la démocratie, assurer la prééminence du droit, concerner tous les domaines de la vie courante, favoriser le progrès économique et social, la culture, la pratique des langues, la coopération internationale, la paix et la justice, les valeurs spirituelles et morales du patrimoine commun de lâEurope, la liberté individuelle, la liberté politique. Câest une organisation fondamentale qui comporte en outre un organe consacré aux pouvoirs locaux et régionaux.

-LâORGANISATION POUR LA SECURITE ET LA COOPERATION EN EUROPE. Elle fait suite aux accords dâHelsinki de 1975 et est la plus grande organisation de sécurité régionale du monde (57 états-membres). Elle Åuvre en faveur de la paix, de la démocratie, de la stabilité pour plus dâun milliard de personnes. Des pays non européens ont souhaité adhérer et participer. Elle englobe les dimensions politico-militaire, économique, environnementale et humaine. Elle aide à supprimer les divergences entre états participants, à prévenir les conflits, à gérer les crises, à renforcer la confiance entre les états. A lâheure actuelle par exemple, elle est présente dans les Balkans et en Ukraine. Son siège est à Vienne. Ses deux principes de base sont lâintangibilité des frontières et le respect des minorités ethniques, nationales, culturelles, linguistiques.
Le mouvement paneuropéen repose donc sur deux piliers solides. On remarquera que ces deux piliers sont des organisations intergouvernementales.
LâAPPROCHE DâUNE EUROPE INTERGOUVERNEMENTALE : Lâaction gaulliste et le PLAN FOUCHET.
Revenu au pouvoir en 1958, juste lâannée suivant le Traité de Rome, le Général De Gaulle a tout de suite compris que ce que lâon appelle aujourdâhui lâUNION EUROPEENNE était une entreprise américaine de domination de lâEurope. Il a donc Åuvré pour éviter cette organisation ou en tous cas limiter son influence. Soucieux des intérêts nationaux, il sâest efforcé dâinfléchir la tendance qui sâamorçait.
Il a donc demandé à son ministre Christian FOUCHET, dâélaborer à lâaide dâune commission intergouvernementale un plan. En réalité, il y a eu deux versions : lâune en 1961, lâautre en 1962. Le plan Fouchet vise à lâélaboration dâune politique étrangère commune entre les six pays de la Communauté européenne, à assurer une étroite collaboration en matière de science et de culture, lâépanouissement du patrimoine commun, la sauvegarde des valeurs de civilisation, contribuer à la défense des droits de lâhomme, des libertés fondamentales et de la démocratie. Il vise également à renforcer la coopération avec les autres nations libres, la sécurité contre toute agression grâce à lâadoption dâune politique commune de défense.
Il sâagit donc de promouvoir une Europe de Nations, en contradiction avec les institutions de la Communauté qui sâinspirent dâune démarche supranationale. La politique étrangère commune proposée pose le problème de la relation avec les autres membres de lâOTAN et demande de préciser la relation avec les Etats Unis. Ce sont ces questions qui inquiètent les autres participants et conduiront à lâéchec du plan. Dès lors, le Général De Gaulle décide quâune alternative est constituée par la relation franco-allemande quâil faut renforcer., dâoù le Traité de lâElysée.
Le plan FOUCHET visait dâailleurs à une organisation complète et à sa gouvernance. Le Général DE GAULLE était en relation régulière avec RCK. On notera que le projet paneuropéen est plus que proche du plan précité et câest dâailleurs le Général qui a décidé la création dâune branche française du mouvement paneuropéen : le CFUP, Comité Français de lâUnion Paneuropéenne qui existe aujourdâhui sous le nom dâUnion Paneuropéenne de France.
Lâaction
Pour mener son action, le mouvement paneuropéen peut donc sâappuyer sur deux piliers institutionnalisés : le Conseil de lâEurope et lâOSCE. Le premier objectif est de satisfaire les deux premiers échelons de la pyramide de MASLOV.
Un premier souci, le plus évident est de nourrir correctement les Européens. La question est de savoir si les carences sont du domaine économique ou du domaine politique et social. Un premier acte doit être de réunir une grande conférence agraire du même type que celle qui sâest tenue à Vienne en 1935 : comment aménager lâespace pour améliorer la production agricole, production qui pourrait même devenir un atout au plan international en écoulant les éventuels surplus. Cette conférence ne peut être évidemment initiée que par des acteurs de haut niveau, politiques et économiques. Elle doit concerner tous les paneuropéens, de la Baltique à la Caspienne.
Parallèlement, il faut habiller et chausser nos peuples, ce qui peut concerner évidemment les politiques mais peut être traité par le monde associatif et humanitaire. La question a déjà été traitée par des Américains vis à vis de lâArgentine et leurs initiatives peuvent être copiées.
La solidarité paneuropéenne doit sâexercer: on pense par exemple à la Moldavie.
Concernant le second étage de la pyramide, il est nécessaire de revoir de fond en comble la politique sanitaire et notamment médico-hospitalière, des crèches aux soins palliatifs. La santé a un coût, câest vrai mais elle est sans prix: câest un investissement dans la vie. La sécurité collective, nous lâavons vu est, pour lâheure, garantie par lâOSCE mais il faut précisément et à partir de ce socle, travailler à la détente.
Ce qui amène à la politique et repose la question des alliances et mésalliance. Lâactuelle UE est donc marquée par son atlantisme et sa soumission à lâOTAN et aux intérêts américains qui ne sont pas les nôtres. Il faut réaffirmer notre autonomie, voire notre indépendance et travailler à la paix. La grande question est celle de la Russie qui nâest plus lâUnion Soviétique. On peut même se demander si, sur le plan économique, les transports et lâénergie ne sont pas un troisième pilier de la Paneurope, la dernière construction en date étant le Nord Stream 2. Bien sûr, la Russie a toujours été un acteur de la politique européenne depuis des siècles et il est aberrant de vouloir lâen écarter. Les sanctions sont inadmissibles et dâailleurs inefficaces voire contre-performantes. Certes la politique russe actuelle est orientée vers lâeurasisme mais ce sera précisément aux Russes de se déterminer librement : veulent-ils entrer dans la Paneurope ou préfèrent-ils rester autonomes, ce qui nâempêcherait nullement une coopération, notamment pour un développement des régions sibériennes pour un profit mutuel. Le réchauffement climatique, ouvrant la circulation maritime par lâArctique renforce la cohésion européenne.

Il nâen est évidemment pas de même pour la Turquie. Elle nâa été « européenne » que par ses invasions qui ont toujours été repoussées. Câest un pays asiatique et la « Turquie dâEurope » est un petit morceau de terre regroupé autour dâAndrinople de sinistre mémoire. Les intrigues turques dans les Balkans doivent être repoussées et ses pseudopodes tenus en surveillance : lâAlbanie entre autres. Quant au Kosovo, il est historiquement serbe et nâétant pas viable, il retournera à la Serbie tôt ou tard. Notre rôle paneuropéen est que ce retour se fasse dans des conditions pacifiques.
Lâaction paneuropéenne doit donc viser à la paix et la France a un rôle prédominent à jouer.
Le rôle de la France
La France (cf Revue METHODE de février 2020) a tous les atouts pour être ou devenir le pays leader dans la construction paneuropéenne. Plusieurs étapes pour sâaffirmer :
Dâabord tenir une conférence internationale sur lâindépendance de lâEurope et prendre lâinitiative de la conférence agraire, évoquée il y a un instant. Réformer lâOTAN et sinon sâen retirer, établir une entente cordiale avec la Russie.
Une étape - intermédiaire - sera le rapprochement avec le GROUPE DE VISEGRAD : la France doit sâaffirmer, notamment sur le plan économique en Europe Centrale et en Roumanie. En populations, ces pays pèsent lourd. Un assainissement des relations avec la Russie serait de nature à rassurer ces nations qui pour la plupart ont connu lâhiver soviétique et sont donc dans la crainte. Leur développement est un gage de paix et de prospérité.
Un grand pan de lâaction doit être lâuniversité et la culture. La France a beaucoup à apporter à lâEurope et aussi à en recevoir et il ne faut pas oublier les technologies, surtout celles dâavenir, le quantique et lâhydrogène par exemple. Câest là peut-être le plus facile car beaucoup est déjà en cours mais il faut lutter contre les démagogues destructeurs.
Conclusion
Si lâUNION EUROPEENNE parait mal en point et condamnée en tant que projet impérial, le mouvement paneuropéen doit se préparer à en prendre le relais . Rien ne lâempêche dâailleurs de réintégrer lâAngleterre et son Commonwealth. En prenant la tête du projet paneuropéen, la France pourrait dâailleurs redorer son blason vis à vis de lâAfrique et entraîner le monde méditerranéen.
La paix ne peut être acquise que par un rapprochement avec la Russie et le développement de projets en commun. Il ne faut pas suivre les bellicistes , encore moins dans un conflit avec la Chine qui nâest pas notre affaire et lâEurope doit se garantir contre tout conflit extra-européen.
Ainsi serait réalisé le vieux rêve dâune unité retrouvée entre Orient et Occident et-sait-on jamais ? -la réunification du Christianisme et lâeffacement progressif du schisme de 1054.
Câest évidemment une grande ambition mais le XXIème siècle pourrait être déterminant.
Et câest le siècle de la vitesse...
D.L.
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