Les exemples de mésalliance républicaine ne manquent pas : les guerres « sous-traitées » à la France sous lâégide de lâOTAN au service exclusif des intérêts américains en Yougoslavie ou en Lybie, lâUnion pour la Méditerranée de Sarkozy, les liaisons pour le moins envahissantes avec les monarchies du Golfe (Hollande ne décora-t-il pas le PDG de Qatar Airways de la Légion dâhonneur en 2015 ?), etc.
Pourtant, si lâon se fie à lâadage « les alliances ne servent à rien si elles associent des impuissances, » le choix de la Russie sâimpose de lui-même. En effet, elle est bel et bien une puissance avec des indicateurs économiques à faire pâlir dâenvie bon nombre de pays de la « prospère » Union européenne : 5% de chômage, 562 milliards de dollars de réserves de change (à comparer aux 226 de lâAllemagne, 197 de la France et 177 du Royaume Uni), sixième PIB mondial et une dette publique qui sâélevait à 14% en 2018 (contre 98% pour la France !). Certes, lâéconomie russe souffre de sa grande dépendance aux matières premières (qui comptent, par exemple, pour 84% de ses exportations avec la France) et dâun développement insuffisant et inégalement réparti. Toutefois, le lancement par le Kremlin en 2018 dâun vaste programme dâinvestissements publics visant à moderniser les infrastructures du pays1 est un signal qui doit inspirer lâoptimisme ; un premier bilan est attendu dans le courant de lâannée 2020. De plus, contrairement à notre république qui donne sans compter à ses « chances pour la France », la Russie â et lâUnion soviétique auparavant â a toujours vu sa chance, elle, dans lâéducation et lâinnovation scientifique, comme en témoignent les technopôles dâAkademgorodok (datant de 1957 et doté récemment dâun parc technologique dédié aux technologies de lâinformation) et le centre de recherches de Skolkovo. Legs de la période soviétique, la population russe est bien formée et a donné une myriade dâéminents spécialistes tant dans les sciences, les lettres que les arts. Du reste, ce potentiel unique au monde nâa pas échappé aux Etats-Unis qui, après avoir critiqué pendant cinquante ans le modèle communiste comme inepte et dénué de toute valeur, se sont empressés, avec un parfait cynisme, de débaucher par chaires dâuniversité entières les fleurons de ce même modèle.
Et puisque les alliances utiles se doivent dâêtre des synergies de puissances, gardons à lâesprit que la France est, elle aussi, un partenaire de choix pour la Russie. Outre la proximité culturelle évoquée plus haut, nâoublions pas que notre pays, par ses territoires hérités de son ancien empire colonial, est la deuxième puissance maritime au monde (avec ses 10,7 millions de kilomètres carrés de Zone économique exclusive, juste derrière les Etats-Unis), de surcroît dans des secteurs de lâocéan Indien, de lâocéan Atlantique ou du Pacifique sud où la Russie peut difficilement être présente et exercer son influence. Or, la puissance maritime est aujourdâhui plus que jamais déterminante, tant pour la maîtrise des échanges (90% dâentre eux sont opérés par la mer) et de ressources devenues de plus en plus rares, que pour y déployer sa puissance militaire. à cet égard, rappelons également que la France est la troisième des huit nations nucléaires mondiales et la première en Europe de lâouest. Sur le plan technologique, la France se classait en 2018 à la deuxième place européenne et à la sixième place mondiale dans le dépôt de nouveaux brevets. Cet exploit mérite dâêtre salué dans le contexte de la vente à la découpe effrénée de tous nos fleurons nationaux par nos félonnes élites (Alstom, Latécoère, Technicolor pour ne citer que quelques-uns des récents scalps que ces dernières ont laissé les Américains prélever sur notre économie).
Notons en outre que la France dispose de pôles de recherches de renommée internationale, auxquels le Professeur Didier Raoult a récemment fait honneur en remportant une victoire décisive sur le coronavirus, à la barbe dâune communauté scientifique réduite à lâimpuissance devant ce désastre. La vigueur technologique et scientifique française est donc un attrait considérable pour une Russie qui a fait de sa modernisation une priorité majeure et dispose elle-même dâun trésor de savoirs et de savants capables dâexploiter ces découvertes et de développer des collaborations fructueuses.
Réciproquement, la puissance française, envoyée en soins palliatifs depuis une bonne vingtaine dâannées par les ardeurs mondialistes de nos dirigeants, aurait tout à gagner dâune interaction plus étroite avec la Russie. Lâex-ambassadeur russe à Paris et secrétaire général du dialogue de Trianon Alexandre Orlov le rappelait il y a peu : « Dans les domaines de lâespace, de lâénergie, notamment de lâénergie nucléaire, de lâaéronautique, de la biotechnologie, du numérique, des sciences fondamentales, de la médecine, la coopération avec la Russie peut permettre à la France de retrouver la souveraineté industrielle et technologique indispensable pour la souveraineté et lâindépendance politique, notamment vis-à -vis de Washington. »2
Câest précisément cette indépendance politique qui fait cruellement défaut à la France depuis 1945, et plus encore depuis 1949 et son adhésion à lâOTAN. Notre pays sâest alors mis dans la situation décrite par le juriste allemand Carl Schmitt : « Quand un peuple craint les tracas et le risque dâune existence politique, il se trouve tout simplement un autre peuple qui le décharge de ces tracas en assumant sa protection contre les ennemis extérieurs et par conséquent la souveraineté politique ; câest alors le protecteur qui désigne lâennemi en vertu de la corrélation constante entre protection et obéissance [â¦] Protego ergo obligo, voilà le cogito ergo sum de lâÃtat. »3
Il suffit de lire les écrits du politologue et conseiller de la Maison Blanche Zbigniew BrzeziÅski pour apercevoir la stratégie dite du Grand Ãchiquier suivie par le « protecteur » américain en vassalisant la France et lâEurope. Tout dâabord, il part du constat que, depuis cinq siècles, lâEurasie a dominé le reste de la planète ; câest un « supercontinent qui est lâaxe du monde » (Eurasia is the worldâs axial supercontinent). Mais au XXème siècle les Ãtats-Unis, sans être une puissance eurasiatique, ont fait exception à cette règle et ont étendu leur hégémonie au monde entier. Néanmoins, lâEurasie demeure selon lui le Grand Ãchiquier où continue de se jouer la lutte pour la domination mondiale.
Par conséquent, poursuit-il, « la politique étrangère américaine ne doit pas délaisser la dimension géopolitique et doit user de son influence en Eurasie de sorte à créer un équilibre stable sur le continent dont les Ãtats-Unis seraient lâarbitre [â¦] en outre, elle doit veiller à éviter les collusions entre vassaux et à les maintenir dans lâétat de dépendance que justifie leur sécurité [â¦] il est impératif quâaucun concurrent eurasien nâémerge, capable de dominer lâEurasie et de remettre en cause lâAmérique. »4
Lâactualité de cette doctrine sera confirmée ce printemps avec lâopération Defender Europe 20, à laquelle 37 000 soldats de 18 pays dont 20 000 Américains participeront du 20 avril au 20 mai prochains.5 Il sâagira du plus grand déploiement et exercice militaire américain en Europe depuis vingt-cinq ans, qui vise à simuler un débarquement au cas où lâEurope serait attaquée ou envahie. Le théâtre des opérations doit couvrir des territoires situés en Belgique, aux Pays-Bas, en Pologne et dans le pays baltes. Jens Stoltenberg, le secrétaire général de lâOTAN a tenu à préciser auprès de lâAFP que Defender Europe 20 « nâest dirigé contre aucun pays en particulier et doit démontrer la capacité à déployer rapidement des forces américaines en Europe pour aider à la protection des alliés de lâOTAN, en cas de nécessité » et permettre « la liberté et la sécurité de lâEurope ». Loin de rassurer, cette initiative a suscité lâindignation de responsables politiques européens, notamment celle du parti allemand de gauche Die Linke : «Le fait que lâOtan joue de façon irresponsable avec la stabilité militaire en Europe dans la période autour du soixante-quinzième anniversaire de la prise de Berlin par lâArmée rouge et de la victoire sur le fascisme hitlérien est un affront à la population russe ».6 Au-delà des Russes, il est évident que cette démonstration de force est avant tout un affront à la souveraineté-même de lâEurope et de la France, qui se voient réduites à lâétat de pions sur leurs propres cases de lâéchiquier.
Dépasser la rhétorique gaullienne pour lui préférer une praxis robuste déclinée en quatre volets
A lâinverse de cette attitude passive, la France doit à nouveau sâallier étroitement à la Russie, non sans avoir posé au préalable de nouvelles bases. Soixante ans après, il est grand temps de jeter aux oubliettes le vieux mantra gaullien qui nâa jamais produit que des gros titres et des malentendus et, à aucun moment, ni puissance ni richesses. Commençons par nous interroger sur cette devise, « LâEurope de lâAtlantique à lâOural. » Jâaimerais quâon nous explique pour quelle raison le général sâarrêtait-il à lâOural. Ignorait-il que la Sibérie â où il sâétait pourtant rendu lors de sa visite dâAkademgorodok en 1966 â fût russe ? Sinon, pourquoi ajouter une frontière là où il nây en a pas ? à cause des montagnes ? Dans ce cas, pourquoi ne pas choisir les Carpates ou lâAltaï ? Quitte à prôner une alliance franco-russe, câest toute la Russie quâil faut y inclure et non la moitié de celle-ci.
En référence à la terminologie de BrzeziÅski qui définit le supercontinent eurasien, il serait alors plus pertinent de parler non dâEurope mais dâune super-Europe allant de lâAtlantique au Pacifique. Le conseiller du président Carter ajoutait à juste titre que le rôle sur le long terme de la Russie en Eurasie dépendrait de la façon dont elle se définirait elle-même. De sorte que si la Russie se percevait non comme un empire mais comme un axe rivé à la France à lâouest, la masse critique de cette super-Europe suffirait à contrebalancer les forces centrifuges à lâÅuvre en Europe occidentale et centrale, autant que les foyers de déstabilisation alimentés par les Ãtats-Unis dans ses marges et au Proche-Orient.
Nous nous inspirons ici de la théorie dâun géopoliticien belge contemporain, Jean Thiriart (1922-1992). Après un engagement sulfureux dans la collaboration à lââge de dix-huit ans qui lui valut rois ans de prison à la libération, il ne reprit une activité militante quâau début des années 1960. Il fonda alors Jeune Europe, un mouvement visant à la création dâune Europe unitaire, puissante, communautaire contre le bloc soviétique et les Ãtats-Unis. Mais dès les années 1970 et le rapprochement entre Washington et Pékin, sa doctrine évolua en faveur de la formation dâun empire euro-soviétique, allant de Reykjavik à Vladivostok, pour sâopposer à lâaxe USA-Chine.7
En 2020 où cet antagonisme fait la une de toutes les parutions économiques, force est de constater le caractère visionnaire de ses analyses. Toutefois, contrairement à lui, qui se désignait lui-même comme un « jacobin de la très grande Europe » et professait un nationalisme européen centralisé et transnational sur le modèle de lâempire romain, nous excluons quant à nous de fusionner les nations et affirmons la primauté de celles-ci comme acteurs du jeu géopolitique.
Ainsi, pour que lâaxe France-Russie soit solide, une coopération bilatérale pragmatique doit être établie. Elle visera non des déclarations tonitruantes mais des résultats concrets et sâarticulera sur quatre volets dont nous ébauchons ci-dessous les contours et les priorités. En premier lieu, la nouvelle alliance franco-russe disposera dâun volet militaire. Mais, à la différence de lâancienne alliance, ce nâest plus lâAllemagne qui sera prise en étau par les frontières est de la France et ouest de la Russie. Ce seront désormais les territoires se trouvant, si lâon peut dire, de lâautre côté du globe : entre la frontière ouest de la France et la frontière est de la Russie, comprenez les Ãtats-Unis. En effet, situés aux deux pôles de lâaxe eurasien, les deux pays jouissent dâune situation géographique remarquable, leur permettant de jouer le rôle dâavant-postes voués à contenir les velléités hégémoniques américaines à lâextérieur du continent eurasien et à en empêcher toute tentative dâingérence, tant dans la politique interne des Ãtats que dans les relations interétatiques. A lâinstar des années 1900 où les Ãtats-majors se concertaient et préparaient des plans de bataille en commun, le volet militaire prévoira des contacts réguliers entre les forces armées et des stratégies communes face aux risques du terrorisme, des réseaux de criminalité, de crises localisées et de toute intrusion hostile sur le sol européen. Cette coopération comprendra en outre des achats dâarmements et des échanges de technologies sensibles pour que plus jamais on assiste à un fiasco monumental tel que fut, pour la partie française, celui des Mistral.8
Le volet économique sâattachera dâabord à abandonner ces sanctions absurdes et à cesser de se soumettre au principe délirant dâextra-territorialité du droit américain, qui prétend régenter les échanges entre Ãtats souverains. Dâailleurs, lâexpérience a prouvé que les sanctions étaient absolument impuissantes à infléchir le cours diplomatique du Kremlin ; en outre, elles ont eu des effets contre-productifs en pénalisant les exportations des industries européennes (par le biais des contre-sanctions) et en favorisant un renouveau du secteur agricole en Russie.9 En dernière analyse, il apparaît clair que le matraquage de sanctions poursuit un double objectif : restreindre lâinfluence politique potentielle de la Russie et lâempêcher de se moderniser en lui bloquant lâaccès aux technologies de pointe développées par certains pays de lâUnion européenne.10 On privilégiera au contraire une politique de partenariats dont le but sera de développer la présence française en Russie et réciproquement ; notons que la France y est déjà le premier employeur étranger, engageant plus de 160 000 personnes dans ses entreprises, et que 35 des 40 membres du CAC 40 sont installés sur le sol russe.
Ces partenariats comprendront un troisième volet scientifique et éducatif offrant un cadre propice à la circulation des savoirs et des savoir-faire, dont la Russie nâest pas en reste, nous lâavons vu. Notons que cette dernière est déjà bien intégrée à lâespace académique européen ; dâune part, par sa participation depuis 1993 au Programme Tempus, qui finance des bourses individuelles et des projets visant à la modernisation du système éducatif russe et à sa convergence avec les systèmes européens ; dâautre part, par son adhésion en 2003 au « processus de Bologne » qui met en place des équivalences entre diplômes et un système unique de crédits dans le but de promouvoir la mobilité des étudiants.
à nâen pas douter, les coopérations scientifique, académique, mais aussi culturelle (quatrième volet) sont de loin les plus dynamiques de toutes, apportant une note positive au tableau de nos relations bilatérales. Un acteur-clef dans ce domaine est le Dialogue de Trianon, un forum franco-russe des sociétés civiles créé à lâoccasion de la visite du président russe à Versailles en 2017.
Parmi les récentes manifestations organisées, on peut citer plusieurs expositions qui ont remporté un franc succès : à Moscou sur Saint Louis en 2017 et sur Napoléon en 2019 ; à Paris en 2017 et 2019, celles de la collection du mécène Chtchoukine et une autre intitulée Rouge, proposant respectivement aux visiteurs des joyaux du patrimoine artistique européen et un aperçu des Åuvres du réalisme socialiste et de lâavant-garde soviétique.
Tout récemment, en janvier 2020, furent lancées à Paris les Saisons russes, une initiative du ministère de la Culture de Russie rendant hommage aux Ballets russes créés en 1909 par Sergueï Diaghilev et visant à promouvoir la culture russe en organisant tout au long de lâannée une kyrielle dâévénements artistiques (438 au total) à travers lâhexagone.
Tout ce charivari musical et ces bruits de froissements de costumes ne peuvent que susciter lâenthousiasme et appeler à un approfondissement de nos liens culturels. Néanmoins, un préalable nécessaire est le développement de lâenseignement du russe en France dès le collège ; câest
malheureusement loin dâêtre le cas et, dans le supérieur, on constate avec surprise quâune grande part des effectifs est composée de jeunes Russes venus sâinstaller en France, soit quâils se destinent à lâenseignement du russe ou simplement quâils trouvent par ce biais un motif pour obtenir un titre de séjour. On peut regretter dès lors que cet important phénomène ne contribue en rien à lâaugmentation du nombre de Français russophones. La question des politiques linguistiques fit dâailleurs lâobjet dâune conférence organisée à Moscou en décembre dernier par le Dialogue de Trianon.11 Un autre aspect notable des échanges culturels est le soutien apporté au financement de traductions dâÅuvres littéraires et de films. Toutefois, pour obtenir des résultats dans ces domaines, les déclarations officielles et les initiatives bilatérales devront être étayées par une volonté politique qui, hélas, fait souvent défaut.
***
Jacques Bainville commençait son article intitulé « Lâalliance russe »12 par cette réflexion : « En lisant les commentaires embarrassés et un peu froids de la presse officieuse sur la rencontre de M. Fallières et de lâempereur Nicolas II, nous songions que ce serait une triste et instructive histoire à écrire que celle de lâamitié franco-russe ». Au terme du panorama que nous venons de proposer, il est difficile de ne pas partager son sentiment. à chaque fois, la renonciation à cette alliance nâétait due quâà la myopie stratégique, à un orgueil sans bornes et mal placé â dans le cas de Napoléon â, aux petits calculs politiciens et à la frivolité des dirigeants français. A chaque fois, en faisant le choix dâagir contre la Russie ou juste sans la Russie, les politiques français ont entraîné le pays à la catastrophe pour finalement en faire ce quâil est devenu aujourdâhui : une puissance ruinée, envahie, déchue.
Et pourtant, à chaque fois, la Russie a répondu présente à lâappel de la France lorsquâelle était en danger ou meurtrie dans sa chair : lors du Congrès de Vienne de 1815, en 1915, en 1944 (pas de débarquement possible sans le front de lâest) et il y a un an à peine pour reconstruire Notre Dame. Il est donc impératif que nos élites, actuelles ou futures, finissent enfin par tirer les leçons de mille ans dâhistoire et renouent dans leurs actes une nouvelle alliance franco-russe pour bâtir ensemble une super-Europe de lâAtlantique au Pacifique. Il en va non seulement de la paix et de la prospérité de la France, mais aussi et avant tout de sa liberté.
R.A.
NOTES ET RÃFÃRENCES
1 Voici quelques domaines concernés par le programme de «grands projets » approuvés par Poutine pour le mandat 2018-2024 : équipements de prestige (« Lâîle des rêves », un Disneyland russe) et sportifs ; projets de construction aérospatiale, aéronautique et balistique ; construction de bâtiments de marine, de ponts, de voies ferrées, routières, de stations de métro, dâéquipements portuaires et aéroportuaires ; construction de voies de transport dâénergie de type gazoducs et lignes électriques, de centrales hydrauliques, thermiques et dâéquipements nucléaires ; exploitations de nouveaux gisements de gaz, de pétrole et de pierres précieuses ; développement des industries automobile et chimique ; construction de logements.
2 « Donner du corps aux relations bilatérales », interview dâAlexandre Orlov dans Le Spectacle du Monde â 622, 7 novembre 2019, p. xv.
3 Carl Schmitt, La notion de politique, Paris : Flammarion, 1992, pp. 93-94.
4 Zbigniew BrzeziÅski, The Grand Chessboard. American Primacy and its Geostrategic Imperatives, New York : Basic Books, 1997 ; voir aussi son article « A Geostrategy for Eurasia », Foreign Affairs, Sep.-Oct. 1997.
5 En raison de lâépidémie de Coronavirus, lâAlliance atlantique a annoncé dans un communiqué quâelle « modifierait la taille et les objectifs de Defender Europe 20. » Quatre exercices conjoints seront annulés et une partie des forces américaines présentes en Europe seront rapatriées. Il est rappelé que « depuis janvier, la Défense avait déployé 6000 soldats américains dont un quartier général de division et une brigade de combat blindée, acheminé 9000 véhicules et pièces dâéquipement depuis des entrepôts situés en Europe et 3000 pièces dâéquipement depuis les Ãtats-Unis par voie maritime. » Voir le communiqué du 17 mars 2020 sur le site de lâOTAN.
6 « Les exercices à la frontière russe considérés comme un affront aux Russes par un parti allemand », Sputniknews, 18 février 2020 consultable sur https://fr.sputniknews.com/international/202002181043086182-les-exercices-a-la-frontiere-russe-consideres-comme-un-affront-aux-russes-par-un-parti-allemand/
7 Jean Thiriart, « LâEurope jusquâà Vladivostok », Nationalisme et République, septembre 1992, â 9.
8 En 2010, la Russie avait commandé à la France deux porte-hélicoptères Mistral français. Suite au rattachement de la Crimée à la Russie en 2014, la France dénonça le contrat et dut rembourser à la Russie près dâun milliard dâeuros correspondant aux sommes avancées et aux dépenses de la Russie pour lâaménagement du port de Vladivostok et la formation de 400 marins. Alors que lâannulation avait été conçue comme une mesure de représailles contre les Russes, ils nâen ont subi aucun préjudice car ils ont récupéré la totalité des sommes avancées et en prime 150 000 pages de documentation technique fournies au titre du transfert de technologie, tant est si bien quâils ont ainsi pu lancer la construction de leur propre version du Mistral. Câest en revanche une perte nette pour la France qui, en plus des sommes perçues et de ses technologies, a perdu les 400 millions dâeuros que devait lui rapporter le contrat de maintenance. Les bâtiments ont finalement échu à lâÃgypte, qui nâest quâun partenaire stratégique de second ordre de la France et dont les intérêts sont loin dâêtre convergents avec les nôtres.
9 Voir Raphaëlle Auclert, « Les conséquences des sanctions pour la Fédération de Russie et les pays de lâUnion européenne » dans lâAlmanach de Sécurité et Contrôle des Armements 2015-2016 de lâInstitut dâéconomie mondiale et de relations internationales de lâAcadémie des Sciences de Russie (IMEMO), éd. Natalia Boubnova et Alekseï Arbatov, Moscou : Rosspen, 2016, pp. 165-175 (en russe).
10 Lorsquâil était président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev avait insisté sur la nécessité de poursuivre la modernisation du pays en ayant recours aux nouvelles technologies maîtrisées par la France, lâAllemagne, lâItalie et les Ãtats-Unis et, à cet effet, dâengager un rapprochement avec eux. Voir son discours du 12 juin 2010 lors de sa rencontre avec les ambassadeurs et représentants russes dans les organisations internationales http://kremlin.ru/transcripts/8325.
11 « Les politiques linguistiques en France et en Russie : enjeux et perspectives », conférence organisée à lâUniversité dâÃtat de Moscou le 11 décembre 2019.
12 Jacques Bainville, Ibid.
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