AOÛT-SEPTEMBRE 2019

Catholicisme de l’Ouest, saint ou malsain ?

par Roland PAINGAUD

Privés de la vaillance collective qui émana du troupeau lui-même durant des siècles, les catholiques de l'Ouest aménagent leur survie intérieure en vernissant d'évangile les nouvelles dépravations du monde, en ne prononçant aucun enseignement du Christ qui soit en conflit avec qui que ce soit, pourvu qu'en échange ils gardent leur relation privilégiée avec une famille archétypale. Ces catholiques, dans la dissolution du troupeau, ont surinvesti l'humanité de la Sainte-Famille, et vivent dans une sorte d'intimité, sinon avec le père, du moins avec la mère et le fils. Les plus fervents ont remplacé la crainte de Dieu par une promiscuité flatteuse avec son entourage familial !
Non seulement le monothéisme se désacralise par le sentimentalisme occulte de Marie, mais Jésus lui-même n'a plus d'importance par sa voix, l'enseignement sacré, mais qu'en tant que ciment familial. Cette tendance pseudo-spirituelle aggrave les dévoiements reprochés habituellement au catholicisme. J'ai personnellement entendu un animateur de radio pro-catholique français pleurnicher sans raison précise en invoquant Marie, ce qu'en plusieurs années il n'avait jamais été au bord de faire au sujet du Christ. Il faut dire que Jean-Paul II extériorisait copieusement son culte de Marie. Ce qu'est Marie, l'élue, la douceur invulnérable, la félicité de tous les membres meurtris du foyer, la dévotion à Dieu est incapable de le procurer, car Dieu suscite moins le soulagement des blessures que l'élévation intraitable du blessé.
Le glissement du monothéisme vers le sentimentalisme est l'abandon de l'univers dont l'homme tentait les loteries par risque spirituel, pour un univers féminin environnant épanouissant, aux quêtes superflues. Entre autres à l'origine de la névrose climatique, ce renoncement au mysticisme aventureux pour le mysticisme domestique est la victoire du féminisme de l'Ouest, sa domestication de l'infini, du climat, et finalement de Dieu. Les loteries gagnantes de la spiritualité mâle blanche et l'Occident sont la même chose : patrimoine accumulé dans l'anneau de latitude constante d'Anchorage, USA Alaska, à Anadyr, Russie, par l'est. L'anneau planétaire, dont les interruptions océaniques sont des transports plus que des extrémités définitives, est l'écoumène de la chrétienté blanche, par opposition aux isolats. La disparition de cette spiritualité dans l'Ouest (Etats-Unis inclus) pour le sentimentalisme laissera un champ de bataille de pirates, où le féminisme blanc anti-patriotique actuel renouera avec le sexisme prononcé pour gagner sa place chez les pirates dominants. La Russie et sa confraternité, contrairement à l'erreur bien-intentionnée, ne sont pas européennes, mais l'Est de l'anneau Occident, comme est oriental le Maroc qui finit... à l'ouest de l'Espagne ! Conquête non-européenne de l'Est, cet arpège singulier de note fondamentale la chrétienne blanche s'entend dans l'Ouest de l'anneau, la symphonie disloquée, où il enrage certaine communauté non chrétienne, à l'ouïe sensible puisque « destinataire » de la voix divine, experte en propagande, en particulier de sa victimisation, dont la malveillance sous couvert de lucidité, sapant l'Ouest entier, fait lever une haine contre cet Est plus grande que quand il était communiste, un comble qui n'intrigue pas le veau chrétien ouest-européen ou américain.
Des évangéliques du Brésil participent à un baptême collectif dans le Jourdain, à Yardenit (Israël). | Menahem Kahana / AFP

D'une famille traditionnellement catholique, ce que j'éprouve aujourd'hui envers l'idolâtrie catholique ne ressortit pas à la bienveillance. J'y avais appris « Dieu est amour ». Mais ceci voulait dire : si ma progéniture est victime d'un pédomaniaque (pédophile est un mot erroné), je dois terrasser le pédomaniaque, et si l'enfant est sauvé sans mort du pédomaniaque, par amour de Dieu à travers l'humanité, je dois offrir au pédomaniaque une chance de rédemption. A cet enseignement de Jésus, le christianisme de l'Ouest a substitué l'obreptice « que l'enfant espère mon secours ou pas est secondaire, le combat est toujours fautif, la révélation chrétienne est l'amour envers le pédomaniaque tel qu'il est ». « Amour » est ainsi devenu la voie royale de toutes les insanités ; « l'amour de l'argent » sera bientôt chrétien parce qu'il y a le mot dedans.
L'amour du prochain était la communion transcendant la compétition de deux compatriotes bibliques déjà proches par le sort, et devient l'amour obligatoire envers l'occupant du terrain, le migrant transcontinental, un quasi flux atmosphérique écologique, dans une mystification rousseauiste de l'ingénu déshérité, mystification dont l'équipe championne Clinton-Soros constitue désormais l'obédience de prégnance universelle, citée aux mentions d'honneur universitaires (Harvard, Oxford, ... ).
Ainsi les masses déshéritées deviennent le tremplin électoral décisif, car le déshéritement est le prétexte de tous les programmes de « redistribution », toutes les spoliations, même de la nation.
L'électoralisme, la substance putrescible indéfectible de la démocratie, est inexorablement la destruction de ce qui fût chèrement édifié, en commençant par la nation, car la promesse illimitée aux foules de donner ce qui n'existe pas l'emportera toujours sur la promesse limitée aux vigies de sauvegarder ce qu'elles veillent. Le catholicisme de l'Ouest se range tendanciellement à l'obédience Clinton-Soros parce qu'elle est à la fois structurée, c'est-à-dire assez durable pour la carrière, et non-violente, au moins statutairement, c'est-à-dire n'est pas censée comporter d'engagement physique ; carrière et immunité, deux moyens qui sont régulièrement devenus la fin, à la place du royaume divin, chez les catholiques professionnels, c'est-à-dire le personnel clérical de carrière, qui ne sont pas les fondateurs de l'Église. Ainsi l'amour du faux prochain prôné par l'Église de l'Ouest sème-t-il la haine informulée de la nation, qui est le peuple partageant un destin avant de partager un terrain, c'est-à-dire le troupeau chrétien ; le troupeau chrétien n'a jamais été un troupeau de circonstances, mais un troupeau déjà constitué par l'identité à laquelle le berger ajoute le besoin d'élévation ; l'hostilité chrétienne à l'Ouest, pape en tête, se déchaîne, mais contre les patriotes, alors que l'attachement à la patrie est le premier dépassement spirituel, l'aube de la foi en Dieu. Les hiérarchies catholiques de l'Ouest, après des générations de sélection, ne se confondent pas avec les administrations féminismo-socialistes vociférantes contemporaines, mais plutôt avec le psychisme non-concurrentiel, son intimisme, introverti, pédomaniaque en douceur.
L'amour excluant le combat, alors que l'enseignement chrétien initial est « le combat ne doit pas exclure l'amour », devait aboutir à des chrétiens de l'Ouest vernissant d'évangiles les tueries de l'invasion islamique au moyen de processions passives à la bougie, et de déclarations compréhensives ignobles aux assassins, dans une théâtralisation de bas étage, pour intellectuels ratés, cette spécialité française dans le profane comme dans le sacré. Quand le combat du troupeau est requis, qu'elle soit tactique ou lâche, la passivité est la passivité, elle n'est pas en soi de l'amour, ou du christianisme.
Si vous suivez les chrétiens de l'Ouest, autant masse que hiérarchie, presse, radios, livres, qui vous inculquent « l'amour supplante le combat », vous les suivez dans une dégénérescence de l'amour chrétien, et vous les suivrez de fil en aiguille dans bien pire.

R.P.

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