MAI - JUIN 2018

Sur les traces du Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niemen. Nouvelle entrevue avec Pierre Malinowski

par Elena SYDOROVA

Elena SYDOROVA : Monsieur Pierre Malinowski, vous avez réalisé avec succès plusieurs projets historiques et archéologiques concernant la Première Guerre mondiale, notamment sur le Corps expéditionnaire russe. Aujourd’hui vous êtes engagé dans un nouveau projet mais cette fois lié à la Seconde guerre mondiale. Pourquoi l’histoire du Régiment « Normandie-Niemen » a attiré votre attention ?
Pierre Malinowski : Oui et je suis vraiment fier de la cérémonie d'inauguration du monument en hommage aux soldats Russes morts en France lors de la Première Guerre Mondiale. Il y a maintenant, après ces quatre ans de travail, un peu plus de Russie en France. Tout comme je suis également fier de cette décoration pour le mérite du Ministère de la Défense et cette invitation qui m’a été remise lors de l'investiture du Président pour me remercier de ce travail.
J'ai commencé à m'intéresser vraiment à l'Escadrille du Normandie-Niemen en 2012 lorsque j'ai rencontré le dernier pilote Français Gael Taburet (Décédé à 97 ans). 
Puis j'ai commencé à faire des recherches dans les archives pour obtenir la liste des pilotes disparus en Russie. Mon choix s'est porté sur Paul de Forges disparu en 1943 près de Smolensk. Son avion se trouve dans un marais à plusieurs mètres de profondeur. Je vais donc le sortir cet été avec le soutien du ministère de la défense, une équipe de recherches de Kalouga et le soutien des autorités Russes. Ce sera un symbole fort pour ne pas oublier l'amitié Franco-Russe lors des guerres du XXème siècle.

E.S. : Au-delà des exploits militaires, quelle est l’importance de « Normandie-Niemen » pour les Russes et les Français ?
P.M. : Lors de son discours au forum de Saint-Pétersbourg, Macron a parlé du Normandie-Niemen comme le symbole le plus fort de l'amitié et de l'Histoire Franco-Russe. Je ne suis pas entièrement d'accord car bien d'autres évènements ont eu un impact sur l'Histoire entre la France et la Russie mais le Normandie-Niemen est probablement le plus célèbre. La Seconde Guerre Mondiale fut un tel carnage sur le plan humain surtout chez les Russes et les pilotes Français furent les seuls étrangers à se battre sur le territoire soviétique aux côtés des Russes.

E.S. : Qui furent les aviateurs français de « Normandie-Niemen » ?
P.M. : Des volontaires. Des jeunes officiers venus de différentes classes sociales partis se battent à l'autre bout de l'Europe contre les Nazis. Ils savaient pertinemment qu'ils prenaient un vol sans retour à chaque mission mais cela n'enlevait en rien leurs déterminations. La France a souvent eu à travers l'Histories de jeunes aventuriers, courageux et idéalistes qui sont partis combattre aux quatre coins du monde pour une cause juste et noble.

E.S. : Est-ce que les Français appréciaient les avions de chasse russes Yak-3 ?
P.M. : Oui. Ils le jugeaient extrêmement maniables. Moins rapides que les chasseurs Allemands mais la qualité du pilotage compensait la vitesse. Mais il ne faut pas oublier que les pilotes Français pilotèrent d'autres Yak (Yak 1, Yak 9...).

E.S. : Quels sont les objectifs de votre nouveau projet ?
P.M. : Retrouver le premier corps de pilote de cette fameuse escadrille. Comme j'ai retrouvé les premiers corps de soldats Russes morts en France. Retrouver un corps disparu depuis 75 ans, cela va marquer les gens. On pourra imaginer retracer sa vie, surtout que ses deux fils sont encore en vie. Il y aura un regain d'intérêt pour cette épopée Franco-Russe. Il faut espérer que la dépouille sera bien conservée dans le cockpit. Le tout sera suivi par les médias Russes et Paris Match.


E.S. : Comment est organisé votre travail ?
P.M. : À chaque fois, je cherche un projet unique. Puis j'explore les archives, documents, témoignages... cela prend énormément de temps. Ensuite je vais reconnaitre les lieux, je demande les autorisations, le soutien du Gouvernement Russe... un projet peut me prendre 3 ou 4 ans... le prochain sur Napoléon va être très compliqué mais j'aime la difficulté !

E.S. : Quelles sources d’information vous utilisez pour réaliser les fouilles archéologiques ?
P.M. : Les plans d'époques, les récits et témoignages, les archives militaires... je vais également voir les gens qui vivent sur place car c'est parfois une mine d'informations non négligeables. En effet, les récits se transmettent de générations en générations. 

E.S. : Est-ce que les intéressés par ce projet peuvent vous rejoindre pour vous y aider ? 
P.M. : Toute personne intéressée peut nous contacter pour porter sa pierre à l'édifice !

E.S. : Merci Monsieur Malinowski. Toute la rédaction vous souhaite de réussir ce merveilleux projet et nous aurons plaisir à pouvoir vous retrouver dans nos colonnes lorsque vous aurez pu réussir l’exploit de retrouver la dépouille de ce jeune héros français.

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