AVRIL - MAI 2020

Poésie : Migrants

par Roger-Pol COTTEREAU

MIGRANTS 

Ô COMBIEN J’AIMERAIS QUE LES JEUNES MIGRANTS
DEMEURENT AU PAYS, DEVIENNENT RÉSISTANTS
CONTRE LA CORRUPTION D INFÂMES DIRIGEANTS
ET RELIGIEUX BARBUS CRUELS ET IGNORANTS.

Ô COMBIEN J’AIMERAIS QU’ILS REFUSENT L’EXIL
D’ÊTRE ICI CLANDESTINS, MAL LOGÉS, SOUS-PAYÉS,
ERRANT EN CHIENS PERDUS DANS LES RUES, EN PÉRIL
FACE À LA MALADIE, AUX REGARDS DÉTOURNÉS.

Ô COMBIEN J’AIMERAIS QU ILS S’EMPARENT DES ARMES
CONTRE CEUX QUI CHEZ EUX GOUVERNENT SANS PITIÉ,
PRENDRE PART AU COMBAT POUR QUE CESSENT LES LARMES 
ET TRANSMETTRE À LEURS FILS HONNEUR ET LIBERTÉ. 

Ô COMBIEN J’AIMERAIS QU ILS RENTRENT SUR LEUR TERRE
PLUTÔT QUE SOMNOLER SUR LES BANCS DU METRO,
LES VOIR CREUSER UN PUITS, PORTER L’EAU À LEUR MÈRE,
REBÂTIR LA MAISON D’UNE VEUVE DE GUERRE
ET DIRE À LEURS COUSINS QU’EN PARTANT EN BATEAU
ILS JOUENT AVEC LEUR VIE POUR UN COIN DE MISÈRE.

NUL N ECHAPPE À SA TERRE OÙ DORMENT SES ANCÊTRES,
ELLE MODÈLE L’ÂME EST ELLE LA COMPOSE.
LE PARFUM DU JASMIN VAUT CELUI DE LA ROSE,
TOUT PEUPLE À SON JARDIN DE SON AVOIR ET ÊTRE.

OUI MON FRÈRE MIGRANT, J’AIME TANT TES COUTUMES,
LES MIENNES TOUT AUTANT POUR NE POINT LES LIVRER
À UN COCKTAIL MONDIAL AUX MAINS DE LA FORTUNE 
D’UN CLUB DE SANS PATRIE TOUJOURS D’OR ASSOIFFÉS. 
TA NATION, MA NATION SONT NOTRE BOUCLIER.

Roger-Pol Cottereau

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