MARS 2018

La « paire d’as » du fantastique belge et sa réception en Russie

par Jean-Louis ETIENNE

EN GUISE D’INTRODUCTION 

Le titre de cet article n’est pas choisi au hasard : plutôt que du jeu de poker, il s’inspire du titre d’un film de Verneuil, Brelan d’as mettant en scène trois enquêteurs, dont deux belges : Monsieur Wens de Steeman, Maigret de Simenon auxquels vient se greffer Lemmy Caution de Cheyney.

Quant à la « paire d’as » que nous vous invitons à découvrir ici, elle est composée de deux écrivains reconnus internationalement comme des maîtres dans leur domaine : Jean Ray et Thomas Owen. Ils ont pour point commun d’avoir écrit leur œuvre en langue française (rappelons que la Belgique est un pays trilingue : néerlandais, français et allemand1), de s’être consacré à la littérature populaire et d’avoir entretenu d’excellentes relations confraternelles. On ne compte plus les rééditions, parutions en anthologies, les articles, conférences ou colloques qui leurs sont consacrés. Ils sont également traduits dans de nombreux pays, dont bien entendu la Russie.
Après un bref aperçu de l’histoire de nos Lettres (et en particulier du domaine qui nous intéresse ici), nous découvrirons la vie et l’œuvre des deux auteurs ainsi que leurs différentes publications en langue russe, lesquelles, vu le choix des éditeurs, ont une influence sur la perception de l’œuvre par le lecteur. 

LA LITTÉRATURE FANTASTIQUE BELGE DE LANGUE FRANÇAISE 

On situe habituellement l’apparition de la littérature belge de langue française vers 1880, avec la parution de la revue La Jeune Belgique, patronnée par Camille Lemonnier, alors que peu avant, la parution du chef d’œuvre de Charles de Coster, Thyl Ulenspiegel (1867) était passée inaperçue. On pourrait lier l’émergence du fantastique belge à celle de de deux courants littéraires forts prisés dans la jeune Belgique : le Symbolisme (représenté entre autres par Maurice Maeterlinck, Nobel de littérature 1911) et le Naturalisme que Jean-Baptiste Baronian2 qualifie d’« expressionniste », représenté entre autre par Maurice des Ombiaux.
Il nous semble nécessaire ici de donner la définition du fantastique que nous retenons, celle de Roger Caillois, pour qui il « manifeste un scandale, une déchirure, une irruption insolite », presque insupportable dans le monde réel ». Il se différentie de la science-fiction qui s’intéresse au monde tel qu’il pourrait être selon des « conjectures romanesques rationnelles »3 ou du merveilleux, où l’on décrit un monde parallèle au nôtre dans lequel l’impossible fait partie du quotidien. 
Dans La Littérature fantastique belge (Académie Royale de Belgique, 2014), Baronian démontre que le Symbolisme et le Naturalisme, lorsqu’ils deviennent outranciers, peuvent frôler le surnaturel et que le fantastique belge plonge ses racines dans ces deux courants littéraires. Il en découle deux familles d’écrivains de l’étrange : la première, autours de la personne de Franz Hellens, rassemble entre autres Marcel Thiry, Robert Poulet ou Gérard Prévot, et la seconde, autour de Jean Ray, rassemble Thomas Owen, Michel de Ghelderode ou Monique Watteau.
Il poursuit en décrivant la spécificité belge, produit d’une double culture, flamande et francophone. D’autre part, les écrivains ne seraient pas inspirés de l’atmosphère étrange des villes médiévales flamandes ou des sauvages forêts d’Ardenne, toutes deux noyées dans le brouillard, mais bien agacés par leur immuabilité, et en fin de compte leur banalité. Le fantastique belge est dès lors un fantastique de réaction, un cri de protestation contre la banalité et le conformisme. 
Le fantastique a connu une période faste avec la collection « Marabout » des éditions Gérard. Marabout doit son succès à l'édition des premiers livres en français au format de poche (en 1949, quatre ans avant Le Livre de Poche de Hachette). On lui doit la redécouverte de Ray, Owen, Franz Hellens ou Michel de Ghelderode mais aussi l’essor de nouveaux talents tels Gérard Prévot, Gaston Compère ou Daniel Mallinus. En 1968, Baronian crée les collections « fantastiques » et « science-fiction »4, composée d’environ 200 titres dont Les Œufs fatidiques de Boulgakov et une anthologie de science-fiction soviétique. Des difficultés ont amené la maison à intégrer le groupe Hachette en 1976. La promotion du fantastique belge se fait alors via des revues spécialisées. Les principales sont Magie rouge (1980-1998), Phénix (depuis 1985) et Encre noire (depuis 1994). Longtemps, la reconnaissance des auteurs fantastiques est venue des lecteurs et non des autorités littéraires. Le courant s’est inversé avec l’élection à l’Académie de Thomas Owen (1976) et Jean Muno (1981). Depuis les années 80, on assiste à l’éclosion de nouveaux talents tels Alain Dartevelle, Michel Rozenberg, Bernard Quiriny, Alain Magerotte, Nadine Monfils, Anne Duguël André-Marcel Adamek, Jean-Claude Smit-le-Bénédicte et bien d’autres dont beaucoup se revendiquent en tant que descendants de notre « paire d’as » Ray-Owen.

JEAN RAY, LE VIEUX PIRATE 

De son vrai nom Raymond Jean Marie De Kremer, il est né à Gand le 8 juillet 1887. Il était un enfant rebelle qui préférait l’école buissonnière au tableau noir. Il termine ses études — sans diplôme —, en 1908, l’année de ses premières publications en revues. Deux ans plus tard, Il écrit les paroles de revue et opérettes et collabore à de nombreuses publications. Il se marie en 1912, le couple a une fille l’année suivante. En 1925, son recueil Les Contes du whisky lui assure le succès en Belgique et en France. 

L’année suivante, il est arrêté pour malversation financière et est condamné à une lourde peine de prison. Dans sa cellule, il écrit des contes sous le pseudonyme de John Flanders. 
Une fois libéré, il est rejeté par le milieu littéraire. Il écrit anonymement les Aventures d’Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain.
En 1932, un nouveau livre, La Croisière des Ombres passe complètement inaperçu. Un des rares à le soutenir est Gérald Bertot, le futur Thomas Owen. Jean Ray continue à publier énormément sous pseudonyme, souvent des récits pour la jeunesse. Il collabore également à des bandes dessinées, dont Edmund Bell dessinées par le peintre Frits Van den Berghe.
Durant l’occupation, Jean Ray rejoint Les Auteurs associés, une maison d’édition fondée par l’écrivain Jules Stéphane et où il rencontre Steeman et Owen. Il y publie ses meilleurs textes : Le Grand Nocturne, Les Cercles de l'épouvante, La Cité de l'indicible peur, Les Derniers Contes de Canterbury et le roman culte Malpertuis. En 1943, sa préface aux Chemins étranges (éd. De Kogge) scellera définitivement son amitié avec Thomas Owen. 
À la libération, en septembre 1944, les auteurs belges ont mauvaise presse : on leur reproche d’avoir écrit durant l’occupation. Jean Ray est à nouveau obligé de proposer ses services à une foule de revues, en utilisant un nombre incroyable de pseudonymes (plus de 200). Des ouvrages ambitieux comme l’excellent Livre des fantômes (La Sixaine, 1947) ne rencontrent par contre aucun succès.
Les années 50 lui offrent un peu de répit. Il est découvert en France et des revues à gros tirage (Mystère-Magazine, Fiction, Mickey Magazine ou Tintin lui offrent des revenus décents). En 1961, ses 25 meilleures histoires noires et fantastiques paraissent chez Gérard à Verviers, dans la collection « Marabout » à Verviers. Le succès est retentissant et entraîne la réédition de Malpertuis et d’une vingtaine d’autres volumes. Jean Ray, au sommet de sa gloire, s’éteint le 17 septembre 1964. 
Pour masquer le vide biographique de ses années de prison, Jean Ray s’était forgé une légende : celle d’un marin, trafiquant d’alcool durant la prohibition aux USA, bagarreur et aventurier. Cette légende lui a servi de biographie, et même après sa mort, des amis de Jean Ray, des éditeurs et des chercheurs ont continué à y croire. En 1981, Jean Ray l’Archange fantastique, de Baronian et Françoise Levie (Librairie des Champs Elysées), met fin à l’histoire du « vieux brigand ». 

THOMAS OWEN, LE GRAND MALICIEUX 

Gérald Bertot – le futur Thomas Owen – est né le 22 juillet 1910. Sa famille habite les quartiers huppés de Bruxelles. Aîné de trois enfants, il passe ses vacances au village de sa grand-mère paternelle, à Lacuisine, en Gaume. Elle lui raconte des légendes locales qui auront une grosse influence sur son œuvre. 

À 17 ans, il entame des études en Philosophie et Lettres et en Droit. En 1930, il fonde une revue, La Parole universitaire. (Participation de Jean Ray au n° 22). 
En 1933, il utilise pour la première fois le pseudonyme Stéphane Rey pour rédiger des critiques d’art (activité qu’il exercera durant 69 ans). Il se marie et a deux enfants.
Après son service militaire, il est engagé au Moulin des Trois Fontaines à Vilvoorde où il travaille jusqu’en 1979. Il finira P.-D. G. et Président de l’Association mondiale des meuniers. Durant quatre ans, il utilise un deuxième pseudonyme, Monsieur Arsène, pour des chroniques quotidiennes dans Le Vingtième Siècle5.
Mobilisé en 1940, le sous-lieutenant Bertot est fait prisonnier mais immédiatement relâché parce qu’il exerce des fonctions dans la meunerie, secteur indispensable à l’économie du pays.
Ses deux premiers romans policiers, sont signés Stéphane Rey : Gordon Oliver mène l’enquête (Les Heures bleues, 1941) et Ce soir, huit heures (Le Jury, 1941). Trois autres paraissent au Jury, dont Destination inconnue, premier roman signé Thomas Owen. En 1942, Owen publie aux Auteurs associés de Jules Stéphane (où il retrouve Ray et Steeman) : L’Initiation à la peur, Hôtel meublé6.
Un cap est franchi en 1943 il publie son premier recueil de contes fantastiques, élogieusement préfacé par Jean Ray : Les Chemins étranges (De Kogge, où paraît aussi Le Livre interdit).
Après la guerre, il survit à la débâcle des lettres belges (portées à bout de bras durant quatre ans par des critiques talentueux mais proches de l’occupant). Il abandonne alors le roman policier, publie un recueil de contes fantastiques (La Cave aux crapauds, La Boétie, 1945) et deux romans : Le Jeu secret (1950, Prix du Brabant) et Les Grandes Personnes (Audace, Prix des lecteurs 1954).
Henri Vernes7 demande à Owen la réédition de ses deux premiers recueils en un volume : La Cave aux crapauds et autres contes étranges » (Gérard, 1963, coll. Marabout). Le succès – dû également aux rééditions de Jean Ray chez le même éditeur – poussera Owen à publier chez Marabout jusqu’à son rachat par Hachette.
En 1966, il écrit sa première préface pour un ouvrage sur… le Yoga. Il en a écrit près d’une cinquantaine d’autres signées Owen et peut-être autant sous son nom de critique d’art, Stéphane Rey. La même année paraît la première thèse universitaire : Les Contes et le roman fantastique de Thomas Owen par Jean-Marie Popeler (Université Catholique de Louvain). Environ 25 autres suivront, travaux d’universitaires belges, français, italiens, roumains, estoniens ou canadiens.
Les années 60 verront aussi l’adaptation de ses nouvelles en court-métrages et ses premières traductions, en italien, espagnol, néerlandais et allemand. Il continue son ascension professionnelle et voyage à travers l’Europe et les U.S.A. Seule ombre au tableau : le décès inopiné de sa femme en 1968. 
En 1976 paraît Bogaert et les maisons suspectes (Jacques Antoine) : quinze tableaux de Bogaert inspirent quinze contes d’Owen. L’auteur récidive l’expérience par la suite, avec Gaston Bogaert et d’autres artistes. Dès 1984, les expositions se multiplient sur l’auteur. La plus grande, Coups de coeur à Thomas Owen (Bruxelles, 1998) a réuni 220 artistes et attiré 10.000 visiteurs. Écrivain comblé, honoré par ses pairs, il voit la parution de son vivant de ses Œuvres complètes (Lefrancq, 1994-1998). Il s’éteint le 1er mars 2002.

RÉCEPTION EN RUSSIE

Une des premières traductions d’un auteur belge en russe est celle de Charles de Coster, Thyl Ulenspiegel (Шарль Де Костер, Легенда об Уленшпигеле и Ламме Гудзаке. Всемирная литература, 1919). La découverte de la littérature belge a ensuite été favorisée par la publication de trois anthologies : 
La première est Рассказы бельгийских писателей d’E. Orlava (éd. du Progrès, 1968). Elle reprend des textes d’auteurs francophones (Constant Burniaux, Robert Vivier, Albert Ayguesparse, Frans Hellens, Jean Ray) et néerlandophones (Piet Van Aken, Louis Paul Boon, Gerard Walschap, Jos Vandeloo, Marnix Gijsen, Hugo Claus.
En 1986, Oxana Timacheva publie la deuxième anthologie belge, sobrement intitulée Бельгийская новелла, (Moscou, Izvestia, 1986). La couverture est illustrée par Magritte. L’anthologie rassemble des nouvelles de Constant Burniaux, Frédéric Kiesel8, Thomas Owen, Albert Ayguesparse, Marcel Thiry9, Ivo Michiels, Maurice D’Haese, Hugo Claus et Hugo Raes.
Enfin, Зеркало (Le Miroir) date de 1995. Il s’agit d’une initiative de la Promotion des Lettres belges, dont le directeur, Jean-Luc Outers, rédige la préface. La traduction est de Gretchanov. (Художественная литература, coll. «Иностранная литература»). La couverture est également de Magritte.
La première traduction de Jean Ray, «Принцесса-тигр» (« La Princesse Tigre »), date de 1966, dans la revue Неделя, supplément hebdomadaire au quotidien Известия. Mais la publication de deux nouvelles dans Рассказы бельгийских писателей en 1968 le représente comme un auteur incontournable des lettres belges. Il reçoit de la part des intellectuels russes une reconnaissance qu’il n’a pas encore dans son pays. En 1971, il apparait au sommaire de Антология сказочной фантастики (Молодая гвардия), anthologie dans laquelle son nom est associé à la Belgique et à la modernité. Mais la vraie découverte de Jean Ray date du début des années 90 et est curieuse en ce sens qu’elle met en avant la production policière de l’auteur, sans mentionner la centaine d’aventures d’Harry Dickson qui sont ses textes les plus connus du public francophone.
Tout commence par deux contes parus dans Французские детективы, романы и рассказы et qui sont précédés d’un roman de Boileau-Narcejac et la parution dans la revue Алиби de deux nouvelles. Dans l’anthologie, A.B. Gorianov et V.N. Filipova présentent l’écrivain comme une figure essentielle de la littérature policière. Mais la production policière de Jean Ray est principalement en néerlandais, alors que les traductions ne se font qu’à partir du français. La source se tarit rapidement et les éditeurs s’intéressent alors à nouveau à ses contes fantastiques. 
Chose curieuse, en 1992, la traduction de La Cité de l’indicible peur (Город великого страха) est parue chez deux éditeurs différents, l’une chez Титул, accompagnée de l’incontournable Малпертюи (Malpertuis) et de contes policiers et l’autre à la suite de Rosemary’s Baby d’Ira Levin, ce qui donne à la fois une réception policière (et parodique) pour le premier et fantastique pour le second.
Jean Ray apparaît ainsi comme un auteur qui brouille les frontières entre les deux genres. De plus, la « légende » de l’auteur est dévoilée par les éditeurs, mais dans le but de présenter Jean Ray comme un mystificateur capable également de brouiller la frontière entre la réalité et la fiction. La particularité de Jean Ray est de toucher un public fort large : amateurs de policier, de fantastique et idéologiquement antagonistes, l’auteur étant revendiqué par des libertaires, des groupes de hard rock, des critiques traditionnalistes et un public ciblé « jeune » par les éditeurs.
Signalons enfin deux anthologies parues en 2000 et rassemblant les textes lmes plus représentatifs de l’œuvre de Jean Ray : Точная формула кошмара, traduction de A Khoveret E. Golovin, éd. Jazyki russkoj kultury et Пять кругов ужаса, traduction de I. Najdenkov, Minsk, Universitetskoje.
Owen, quant à lui, est depuis toujours fasciné par l’Europe centrale et orientale. On retrouve cette influence dans des titres de contes (« La Dame de Saint-Pétersbourg », « Mara Gheorghieva », « La Mort d’Alexis Balakine, « La Mort de Midilev », etc.), des décors ou des noms de personnages. Il utilise parfois des patronymes empruntés à des proches. L’un d’entre eux, Serge Terpougoff, russe expatrié, et ami de l’auteur fait des apparitions récurrentes dans ses nouvelles. 
En ce qui concerne les traductions, outre deux nouvelles parues en anthologies («И они вновь обрели друг друга» dans Бельгийская новелла et « Зеркало » dans le recueil éponyme), des éditeurs russes ont publié des anthologies d’Owen : Опасность rassemble deux nouvelles, « Опасность » (Le Péril), suivi de « Странные истории », (Du même bord). Les traductions sont de T. Reditchnikov et Y. Olkhov. Edité par L’Unité à Rostov sur le Don en 1990, le tirage laisse un auteur belge rêveur : 400.000 exemplaires.
L’anthologie la plus intéressante est parue en 2000 : Дагиды. Le titre original est Le Livre noir des merveilles (Casterman, 1980), anthologie de trente contes qui donne un bon aperçu de l’œuvre de l’auteur. Déjà traduit en… japonais (Soghen Sha, 1993 et 1995), il l’est en russe en octobre 2000. La traduction est d’E.V. Golovine et le titre est celui d’une nouvelle du recueil : Дагиды (Dagydes). Ajoutons que la préface de l’auteur a disparu au profit d’une longue postface du traducteur : « Томас Оуэн и проблема дьявола », qui nous livre un point de vue intéressant sur le fantastique belge.
Quelle meilleure invitation à la lecture que de laisser Jean Ray conclure ? La Peur est d'essence divine, sans elle les espaces hypergéométriques seraient vides de Dieux et d'Esprits. Si elle ne peut que vous tordre les entrailles, sans vous laisser dans la bouche un goût de vin de flammes, si elle vous est sans volupté, n'éveille en vous ni frisson de grande joie, ni sentiment de troublante gratitude, n'ouvrez pas ce livre noir des merveilles. Et alors je dirai avec le chansonnier : « Adieu, vous n'êtes plus mon ami ». Mais si votre âme est ouverte à son ardeur ténébreuse, comme à la beauté sans bornes des nuits, laissez-vous porter sur les ailes que vous prête Thomas Owen, pour l'évasion monstrueuse hors des pistes battues, par les chemins étranges (préface aux Chemins étranges de Thomas Owen, 1943). 

J.-L. E.

Notes : 

1 Communauté germanophone de Belgique, située à l’est de Liège. Capitale : Eupen. 854 Km2, cca 78.000 hab. 

2 Baronian, Jean-Baptiste (1942) romancier, auteur de nouvelles fantastiques, d’anthologies et de livres pour enfants, critique, essayiste, éditeur. Il est membre de l’ARLLFB depuis 2003, au fauteuil de Thomas Owen).

3 Préface à Anthologie du fantastique, Gallimard, 1966.

4 Versin, Pierre, Encyclopédie de l’utopie et de la science-Fiction, L’Âge d’Homme, 1972.

5 Le Vingtième Siècle (1895-1940) est un quotidien belge d'obédience catholique conservatrice. Thomas Owen y a collaboré sous pseudonyme Stéphane Rey et Monsieur Arsène (1933-1940). C'est dans un supplément de ce journal, Le Petit Vingtième, que les premières aventures de Tintin sont parues dès 1929.

6 Adapté au cinéma par Marc Lobet, sous le titre Meurtres à Domicile, avec Anny Duperey et Bernard Giraudeau.

7 Charles-Henri Dewismes dit Henri Vernes (1918). Créateur du personnage de Bob Morane, il est l'auteur de plus de 200 romans d'aventures, souvent mêlés de science-fiction. Il a aussi écrit d'autres romans et de nombreux articles.

8 Frédéric Kiesel (1923-2007), poète, écrivain et journaliste. Il réalise de nombreux reportages, particulièrement dans les pays de l'Est. Il est l'auteur de plusieurs essais et recueils de légendes. L’un d’eux est préfacé par Owen, auquel il a consacré une biographie (Thomas Owen, les pièges du Grand Malicieux, Quorum, 1995).

9 Marcel Thiry (1897-1977) poète, écrivain, sénateur, académicien. En 1915, il part comme volontaire sur le front russe, accompagné de son frère et de Constant-le-Marin (Henri Herd, 1884-1965), lutteur professionnel qui fut quatre fois champion du monde). À consulter : Le Tour du monde en guerre des autos-canons belges 1915-1918. Bruxelles, ARLLFB, 2003.

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