FÉVRIER 2018

Du vent dans l’atome

par Jean-Marc TRUCHET

Alors que notre nouveau ministre de la transition énergétique et solidaire annonçait qu’en 2040 il n’y aurait plus de véhicule à moteurs thermiques en France mais également qu’il souhaitait voir arrêter pas moins de 17 réacteurs nucléaires d’ici là, il serait tout de même bon de connaître l’étude sur laquelle se fonde ces affirmations.
En outre, il est tout autant intéressant de savoir avec quelle énergie, camions, voitures automobiles et autres véhicules terrestres, voire marins vont pouvoir circuler.
Quant aux 17 tranches nucléaires on peut supposer que ce sont celles du CP 1 et du CP 2 (contrats pluriannuels) autrement dit mises en service entre 1976 et 1985 ce qui représente tout de même environ 15 500 MW (15 millions de kW) soit à peu près 25 % de la production électrique française actuelle d’origine nucléaire.
Allons-nous revenir aux combustibles fossiles importés (charbon, gaz, fuel…) comme en Allemagne, pays paraît-il très écolo mais où la production d’électricité est à 60 % d’origine fossile ou couvrir la France de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes toujours plus gigantesques ?
A ce sujet, nos très chers et modernes moulins qui ont manifestement le vent en poupe méritent un arrêt sur image…
D’une énergie baptisée d’écologique il y a encore peu de temps, elle est devenue simplement renouvelable ce qui est nettement plus honnête mais ce n’est évidemment pas la même chose.
Essayons donc d’y voir plus clair sachant qu’en 2016 suivant RTE (Réseau de Transport d’Electricité), la France disposait d’une puissance de 11 610 MW éoliens mais qui ne représente que 3.90 % de la production globale et encore ne faut-il pas trop compter dessus lorsque l’on en a besoin !
Il en est de même des générateurs photovoltaïques, également bien loin d’une solution écologique.
Pourquoi cela ?
D’une part, parce qu’il y a confusion entretenue ou pas entre la puissance maximale d’un générateur éolien et sa production réelle d’énergie électrique qui dépend directement du temps durant lequel la machine va fonctionner à telle ou telle puissance ce qui est fondamental et là, évidemment tout change. 
11 610 MW éoliens ne sont donc pas 11 610 MW rapidement disponibles comme la puissance des centrales nucléaires, thermiques à flamme et surtout hydrauliques. Ne confondons pas !
Or, ce qui intéresse le consommateur, quel qu’il soit, ce n’est absolument pas la puissance maximale mais justement la production d’énergie de la source considérée qui détermine la consommation et donc la rentabilité puis in fine pour lui : le prix du kW/h.
Cette production annuelle s’exprime généralement en TW/h ou en GW/h, (Térawatt, Gigawatt par heure).
Le tableau ci-dessous, extrait des données communiquées par RTE au 31 décembre 2016 est particulièrement significatif de la situation.
Parmi tous les chiffres, parfois fantaisistes, que l’on peut lire ici ou là, de simples calculs mettent immédiatement en évidence les faiblesses pourtant bien connues de l’énergie électrique d’origine éolienne et que dire pour le photovoltaïque !
Pour l’éolien, toujours sur la base 2016, l’équivalent pleine puissance est de 1774 h sur les 8760 h que compte une année ce qui conduit à une production annuelle moyenne de seulement 20 % de la puissance installée.
Autrement dit, pour arriver à 20.70 TW/h de production électrique éolienne en 2016, les 11 610 MW régulièrement claironnés ne sont en réalité que 2 322 MW pleine puissance, soit un peu moins que la production de deux tranches nucléaires 1300 MW comme pour trois tranches 905 MW telles que notre ministre de la transition énergétique voudrait arrêter.
Nous ne sommes pas encore à remplacer 15 500 MW pour lesquels je laisse à chacun le soin de faire le calcul du nombre d’éoliennes à installer en plus du parc actuel… 
Quant au photovoltaïque, ce même simple calcul conduit à un rendement de 14 % !..  
Champ photovoltaïque à Loubressac

Pour être financièrement rentable pour les investisseurs, tant l’éolien que le solaire nécessitent donc un prix de vente nettement plus élevé que celui fourni par un générateur thermique ou nucléaire et a fortiori hydraulique.
Sans avoir fait de savantes études, on constate immédiatement que l’énergie éolienne telle qu’insufflée actuellement ne peut être qu’un appoint local mais certainement pas un moyen de production de masse. Ceci évidemment sans compter tous les inconvénients fort nombreux dont en premier le coût du kW/h pour le consommateur mais également l’impact écologique dont on ne parle que bien peu, tant en fonctionnement que lors de la déconstruction. Cette dernière apparaissant comme une autre aventure dont les heureux propriétaires des terres sur lesquelles sont implantées ces machines n’ont vraisemblablement guère conscience à moins que ce soit : « après moi, le déluge… »
Naturellement, pour justifier ces choix soyons certains que chacun ira de son petit couplet dont le fameux mix énergétique, que l’habitat va petit à petit devenir BBC, que le prix des panneaux photovoltaïques va beaucoup baisser sans évidemment parler des inconvénients, que l’on va continuer à développer les agrocarburants (très improprement appelés biocarburants) sans préciser que cela risque d’être au détriment des céréales nourricières et de la pollution chimique des terres agricoles comme des nappes phréatiques, etc.
Quel que soit le discours, in fine, à quel prix et qui paie la facture dont une large partie de ces matériels n’est même pas fabriquée en France ?
Autre question, quelle est la durée de vie de ces éoliennes comme des panneaux solaires et qu’en fait-on après sachant que leur fabrication et leur composition n’ont strictement rien d’écologique alors que cumulées, ces deux sources d’électricité n’ont représenté en 2016 pour la France que 5.50 % de la production ! (19.50 % pour l’hydraulique).
Nous ne sommes pas encore à 20 % hors hydraulique comme régulièrement annoncé, sans oublier que la populations va continuer à croître comme le nombre de véhicules électriques tels que promis par nos « très chers écolos… »
Vous avez dit : « Ecologie ou nouveau business payé par le consommateur dont tout laisse à penser qu’il en héritera les ruines mais dont les responsables seront aux abonnés absents ? »

J-M. T.

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